Chute des mises en chantier canadiennes au mois d’avril

À l’échelle  du pays, le  rythme annuel des mises en chantier pour avril a été de 268 631 unités, contre 334 759 en mars.
Jonathan Hayward La presse canadienne À l’échelle du pays, le rythme annuel des mises en chantier pour avril a été de 268 631 unités, contre 334 759 en mars.

Le rythme annuel des mises en chantier a chuté de près de 20 % en avril au Canada, alors que le rythme des projets à logements multiples ralentissait, constate la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Au Québec, les mises en chantier résidentielles ont toutefois atteint un sommet le mois dernier.

À l’échelle du pays, le rythme annuel des mises en chantier pour avril a été de 268 631 unités, contre 334 759 unités en mars. En milieu urbain, il a chuté de 16,9 % en avril pour s’établir à 251 504 unités, alors que les mises en chantier d’appartements, de copropriétés et d’autres types d’immeubles à logements multiples se sont repliées de 22,8 % à 251 504 unités. Le taux annuel de mises en chantier de maisons individuelles en milieu urbain a fléchi de 0,1 % pour s’établir à 78 918.

En milieu rural, les mises en chantier ont été estimées à un taux annuel désaisonnalisé de 17 127 unités. Quant à la moyenne mobile sur six mois du taux annuel mensuel désaisonnalisé de mises en chantier, elle a été de 279 055 unités en avril, contre 272 164 en mars.

Record au Québec

Contrastant avec le recul canadien, les mises en chantier résidentielles pour le mois d’avril 2021 dans les centres urbains de 10 000 habitants et plus ont atteint 5730 unités au Québec. Il s’agit d’un record pour un mois d’avril depuis que la SCHL rend les données disponibles (1990). Cela fait maintenant six mois consécutifs que le Québec enregistre d’importantes augmentations du nombre de logements entamés.

« Rappelons qu’un an plus tôt, la SCHL n’avait pas réalisé l’enquête sur les mises en chantier, puisqu’en raison de la pandémie de COVID-19, le gouvernement du Québec avait décrété un arrêt complet des chantiers. Par conséquent, il est impossible de comparer les données d’avril 2021 avec celles d’avril 2020. Ainsi, exceptionnellement, nous allons utiliser les données d’avril 2019 comme point de comparaison », souligne Paul Cardinal, directeur du Service économique de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ). « Dans ce cas, il s’agit d’une croissance de 38 %. Et, preuve que nous venons de connaître un autre mois exceptionnel, il s’agit d’un sommet pour un mois d’avril. »

Le mois dernier, on a construit 947 maisons individuelles au Québec (+64 % par rapport à avril 2019) et 4783 logements collectifs (+34 % par rapport à avril 2019). Malgré un regain de la construction de maisons individuelles depuis quelques mois, celle-ci continue de représenter moins d’une nouvelle habitation sur cinq à l’échelle de la province.

Sur le plan géographique, chacune des six régions métropolitaines de recensement (RMR) a affiché une hausse d’activité par rapport à avril 2019. La RMR de Saguenay arrive en tête, grâce à une croissance de 177 % (61 mises en chantier). Les RMR de Sherbrooke (239 mises en chantier) et de Québec (645 mises en chantier) ont également enregistré de fortes augmentations, soit de 93 % et 83 % respectivement. Du côté de Gatineau (588 mises en chantier), Montréal (3480 mises en chantier) et Trois-Rivières (81 mises en chantier), la croissance a été respectivement de 44 %, 35 % et 31 %, peut-on lire dans le communiqué.

Par ailleurs, puisque les résultats mensuels montrent souvent des fluctuations importantes, l’évolution des mises en chantier sur une période de douze mois donne une meilleure idée de la tendance générale. Ainsi, de mai 2020 à avril 2021, les 57 517 mises en chantier dénombrées dans la province laissent voir une forte augmentation de 42 % par rapport à la période précédente de douze mois.

Recul dans la revente

Sur le marché de la revente, le nombre de logements vendus au Canada en avril a chuté de 12,5 % par rapport au record de tous les temps établi le mois précédent, a indiqué lundi l’Association canadienne de l’immeuble (ACI). Les ventes ont diminué d’un mois à l’autre dans près de 85 % de tous les marchés locaux, notamment dans la quasi-totalité de la Colombie-Britannique et de l’Ontario, a précisé l’Association.

Cependant, elle a indiqué que les ventes d’avril représentaient malgré tout un record pour ce mois et une hausse de 256 % par rapport à avril 2020, alors que les ventes s’étaient effondrées en raison de la pandémie. Le nombre de maisons nouvellement inscrites à la vente a diminué de 5,4 % en avril par rapport à mars.

Le prix moyen réel des propriétés vendues était un peu en deçà de 696 000 $ en avril, ce qui représentait une hausse de 41,9 % par rapport au même mois l’an dernier. En excluant la grande région de Vancouver et la grande région de Toronto, ce prix moyen recule de plus de 144 000 $, a indiqué l’ACI.

Avec Le Devoir

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