Des objectifs clairs réclamés pour la relance verte

«La pandémie a mis en évidence le lien étroit qu’il y a entre l’environnement et la santé en plus de nous montrer, avec le développement de vaccins en un temps record, ce qu’on peut accomplir lorsque la volonté et les directions sont claires», dit Denis Leclerc.
Photo: Écotech Québec «La pandémie a mis en évidence le lien étroit qu’il y a entre l’environnement et la santé en plus de nous montrer, avec le développement de vaccins en un temps record, ce qu’on peut accomplir lorsque la volonté et les directions sont claires», dit Denis Leclerc.

Pour avoir le maximum d’effet, la relance verte aura besoin d’un cap clair et d’une direction ferme venant du sommet de l’État, souligne Écotech Québec.

« Une coordination à haut niveau est essentielle pour assurer une meilleure cohérence des actions des ministères et des sociétés d’État », conclut un « livre blanc pour une relance verte » que doit dévoiler lundi Écotech Québec, la grappe des technologies propres du Québec et qui en appelle notamment à la création, à Québec, d’un « Secrétariat à l’économie verte » qui relèverait directement du premier ministre. La mise sur pied d’un tel secrétariat enverrait « un signal politique fort et clair à travers l’ensemble de l’appareil gouvernemental sur la nécessité d’une plus grande cohésion et cohérence », fait-on valoir.

Le président et chef de la direction d’Écotech Québec, Denis Leclerc, se garde bien, en entretien téléphonique au Devoir, de blâmer qui que ce soit de ne pas en faire actuellement assez pour une relance économique verte. Après tout, les gouvernements fédéral, québécois et de bien d’autres pays étrangers ne promettent-ils pas déjà d’investir des milliards dans l’affaire ? À la veille de la tenue, du 17 au 21 mai, d’une « semaine de l’économie verte » qui mettra virtuellement en scène une trentaine de décideurs politiques, d’experts et d’organismes intéressés par la question, il constate seulement que, pour obtenir les changements structurels promis au sortir de la pandémie de COVID-19, on gagnera à ne laisser passer aucune occasion de pousser dans la même direction.

Faisant plutôt le pari d’une réorientation du financement déjà existant, le livre blanc d’Écotech Québec dresse la liste d’une quinzaine d’actions « réalistes et réalisables » qui proposent, entre autres choses, que toute aide publique aux entreprises soit désormais assortie de la condition d’un effort de leur part pour adopter des technologies propres québécoises. Cherchant des moyens de stimuler l’investissement privé dans le secteur, on suggère aussi de s’inspirer de l’expérience passée du régime d’épargne-actions (REA) en accordant un crédit d’impôt pour ceux qui achèteraient des actions dans des entreprises québécoises spécialisées en technologies propres. Et pourquoi ne pas s’inspirer également de cette règle obligeant tout grand projet d’investissement public à consacrer 1 % de sa valeur à l’achat d’œuvres art pour l’appliquer aussi à la mise en valeur de technologies propres développées par des PME d’ici ?

Rester mobilisé

« La pandémie a mis en évidence le lien étroit qu’il y a entre l’environnement et la santé en plus de nous montrer, avec le développement de vaccins en un temps record, ce qu’on peut accomplir lorsque la volonté et les directions sont claires, dit Denis Leclerc. Mais maintenant que la crise sanitaire semble en voie de s’atténuer, il faut trouver le moyen de se remobiliser pour s’attaquer de front à la crise climatique et environnementale. »

Maintenant que la crise sanitaire semble en voie de s’atténuer, il faut trouver le moyen de se remobiliser pour s’attaquer de front à la crise climatique et environnementale

Tout le monde en sortira gagnant, martèle-t-il. Les entreprises qui réduiront leur empreinte environnementale amélioreront leur productivité et leur efficacité en même temps qu’elles aideront le développement d’une nouvelle industrie québécoise des technologies propres qui pourrait connaître un bel avenir sur les marchés étrangers. Une diminution de la pollution serait également la bienvenue, la pollution de l’air contribuant à elle seule, chaque année, au décès prématuré d’un million de personnes dans le monde, dont 4000 au Québec.

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Une version précédente de ce texte, qui indiquait par erreur que le p.-d.g. d’Écotech Québec se nommait André Leclerc, a été modifiée. Elle mentionnait aussi erronément un «livre blanc pour une économie verte».