Quebecor recommence à investir

Pierre Karl Péladeau a confirmé hier que la lumière apparaissait au bout du tunnel pour Quebecor.
Photo: Jacques Nadeau Pierre Karl Péladeau a confirmé hier que la lumière apparaissait au bout du tunnel pour Quebecor.

Les résultats du deuxième trimestre 2004 confirment que, pour Quebecor, la lumière apparaît au bout du tunnel, si bien que Pierre Karl Péladeau a pu déclarer hier que le groupe dont il assume la direction en est rendu à l'étape où il peut commencer à investir dans une perspective de développement, tout en continuant à surveiller de très près les coûts d'exploitation.

Le conseil d'administration a même donné son accord hier au paiement d'un dividende de 4 ¢ par action, lequel sera versé le 7 septembre. Ce sera la première fois depuis le troisième trimestre 2001 que Quebecor versera un dividende, si modeste sera-t-il. Cela n'a guère impressionné les détenteurs d'actions subalternes puisque le titre a légèrement régressé de 6 ¢ à la Bourse, tandis que l'action à droit de votes multiples connaissait une remontée de 1 ¢.

Quoi qu'il en soit, la reprise des investissements est déjà commencée, comme le confirmait avant-hier Quebecor World en annonçant l'injection de 300 millions $US dans l'achat de nouvelles presses. Cette décision aurait dû être prise depuis un bon moment mais ne l'avait pas été à cause de la situation financière du groupe qui était en mode de compressions sévères des coûts.

Toutefois, parmi les projets de Quebecor qui ne sont pas des investissements de rattrapage, il y a surtout eu hier l'annonce officielle que Vidéotron et Vidéotron Télécom lanceront au premier semestre 2005 un service de téléphonie résidentielle par le biais de la technologie IP (Internet Protocol). Cela nécessitera des investissements en immobilisations de 80 millions sur une période de quatre ans, sans compter les frais d'acquisition assumés par les clients, lesquels sont estimés à 250 $ par abonné. On peut noter aussi l'offre présentée en mai dernier par Quebecor Media en vue d'acquérir la totalité des actions de Netgraphe pour un montant proche de 25 millions.

Amélioration des résultats

Les résultats du deuxième trimestre montrent des améliorations dans pratiquement tous les secteurs d'activité du groupe, dont le bénéfice d'exploitation a fait un bond de 116,7 millions pour atteindre 453 millions. Il s'agit d'une augmentation de 34,7 % par rapport aux résultats du trimestre correspondant de 2003. Quebecor Media a vu son bénéfice d'exploitation augmenter de 16,7 %. Plus tôt cette semaine, cette filiale annonçait le paiement d'un dividende de 20 millions à ses deux partenaires, à savoir Quebecor et la Caisse de dépôt et placement du Québec.

On peut noter également la croissance des revenus de 17,5 % dans les services Internet, qui furent de 53,4 millions. Dans le secteur des journaux, les revenus ont augmenté de 3,6 % pour atteindre 235 millions. Les revenus publicitaires et de tirage se sont respectivement accrus de 4,1 % et de 2,7 %. Toutefois, les revenus des quotidiens urbains n'ont augmenté que de 1,9 %, alors que ceux des journaux régionaux ont bondi de 9,5 %, une performance qui s'explique dans ce dernier cas par l'acquisition en fin d'année 2003 d'Annex Publishing & Printing. Le bénéfice d'exploitation des journaux a totalisé 64,9 millions.

Malgré tous ces progrès, le bénéfice net de Québec n'en demeure pas moins très modeste pour le trimestre, soit 6,6 millions ou 10 ¢ par action, ce qui est quand même nettement mieux qu'au trimestre équivalent de 2003, alors qu'il y avait eu perte nette de 28,8 millions. La direction de Quebecor explique l'amélioration par la contribution accrue du bénéfice d'exploitation, par une charge d'amortissement inférieure et par une baisse des provisions pour rationalisation.

Les revenus pendant ce trimestre sont demeurés stables à 2,69 milliards. En fait, la hausse des revenus de Quebecor Media a été annulée dans les résultats globaux par l'impact négatif de la conversion en dollars canadiens des revenus de Quebecor World.

Pour les six premiers mois de l'année, les revenus de Quebecor ont totalisé 5,28 milliards, une baisse légère par rapport aux 5,54 milliards du premier semestre 2003. Le bénéfice d'exploitation fut de 828 millions en comparaison de 706 millions un an plus tôt. Le bénéfice net se situe à 17,8 millions comparativement à une perte nette de 17,8 millions l'an passé.

Sur le plan financier, la dette à long terme et la dette bancaire de Quebecor ont augmenté de 121,6 millions. Au 30 juin 2004, la dette consolidée incluant les portions à court et à long terme totalisait 5,5 milliards, en excluant la portion qui reste à payer à The Carlyle Group, ainsi que les débentures échangeables et convertibles. De ce montant, 2,65 milliards étaient attribuables à Quebecor World et 2,7 milliards à Quebecor Media. Ce montant comprend les dettes de 552 millions de Sun Media, les 876,6 millions de Vidéotron, les 6,9 millions du Groupe TVA et les billets de premier rang de 1,26 milliard de Quebecor Media. En revanche, les actifs du Groupe Quebecor dépassent 15 milliards.