Quebecor World achètera 22 nouvelles presses

L'imprimeur Quebecor World a l'intention de dépenser quelque 300 millions $US pour acheter 22 nouvelles presses pour ses installations américaines.

Cet investissement «dû depuis trop longtemps» devrait permettre à l'entreprise d'améliorer son service à la clientèle et sa productivité, a assuré hier le p.-d.g., Pierre Karl Péladeau.

Le tiers de l'équipement, soit 12 presses à grande laize de 48, 64, 96 et 128 pages, devrait être mis en service en 2005 et 2006. Dix presses supplémentaires d'une valeur d'environ 165 millions $US seront installées l'année suivante.

L'investissement n'a pas pour objectif d'accroître la capacité de production de l'entreprise mais bien de moderniser sa technologie.

«Malheureusement nous n'en avons pas fait assez ces dernières années. [...] D'une certaine façon nous faisons du rattrapage technologique», a expliqué le fils du fondateur de la société.

En prévision de ces changements, Quebecor World a poursuivi la réorganisation de ses activités au cours des derniers mois.

La fermeture de deux usines au Tennessee et en Illinois a entraîné la mise à pied de plus de 1000 travailleurs. Au cours des quatre derniers mois, environ 300 autres ont en outre perdu leur emploi dans d'autres installations de la compagnie.

La direction soutient cependant que 457 nouveaux postes seront créés dans des établissements qui n'ont pas été identifiés.

Résultats

Après plusieurs trimestres dans l'encre rouge, l'imprimeur a finalement réalisé un bénéfice net de 15,3 millions $US, ou 5 ¢US par action, pour la période de trois mois terminée le 30 juin.

L'entreprise, qui exploite 160 imprimeries et emploie 37 000 personnes, avait déclaré une perte nette de 61,7 millions $US, ou 51 ¢US par action, à pareille date l'an dernier.

Pour le deuxième trimestre, les revenus de la société ont totalisé 1,54 milliard, en légère hausse par rapport au 1,51 milliard récolté au deuxième trimestre 2003. Le volume imprimé a aussi connu une augmentation dans la plupart des marchés.

Au deuxième trimestre, les mesures de réorganisation et la dépréciation d'actifs ont retranché 51,7 millions au bénéfice de Quebecor World.

De cette somme, 10,2 millions ont été dépensés en Amérique du Nord seulement. Cette division nord-américaine, la plus importante de l'entreprise, a réussi à accroître sa marge d'exploitation, qui est passée de 3,6 à 8 % depuis 2003.

Son bénéfice d'exploitation avant dépréciation d'actifs, dépenses de réorganisation et autres frais s'est établi à 96 millions, comparativement à 43 millions l'an dernier.

La situation s'est aussi améliorée en France, où les imprimeries restantes seraient «proches du seuil de rentabilité».

«Nos résultats de ce trimestre prouvent que les efforts de réduction des coûts que nous avons faits depuis un an sont le remède approprié pour cette compagnie», a déclaré Pierre Karl Péladeau lors d'une conférence téléphonique avec les analystes. «Ce n'est pas encore assez bon, mais c'est mieux.»

Pour les six premiers mois de 2004, les revenus consolidés de Quebecor World se sont établis à 3,094 milliards, par rapport à 3,053 milliards en 2003. Le bénéfice net s'est élevé à 51,1 millions, ou 25 ¢US par action. L'an dernier, l'entreprise avait perdu 37,2 millions, ou 39 ¢ par action, pour la même période.

Antisyndicalisme

Depuis décembre, la division américaine de Quebecor World a été accusée à plusieurs reprises d'avoir posé des gestes discriminatoires envers certains employés et de tenter d'empêcher la syndicalisation de ses usines. Le Syndicat international des communications graphiques, affilié à la centrale AFL-CIO, a porté plainte contre la société devant le Tribunal du travail.

Quebecor se dit victime d'une vaste campagne de dénigrement orchestrée par l'AFL-CIO. L'entreprise dit prendre au sérieux les droits de ses travailleurs et avoir modifié ses pratiques pour se conformer à la réglementation en vigueur dans les Etats où elle est présente.

Hier à la Bourse de Toronto, l'action de Quebecor World a perdu 44 ¢ pour clôturer la séance à 29,30 $. Sur le parquet de Wall Street, le titre a glissé de 22 ¢US pour terminer la journée à 22,14 $US.