Hydro-Québec veut fournir New York en électricité

Selon Hydro-Québec, son projet — baptisé Champlain Hudson Power Express (CHPE) — permettrait d’acheminer près de 10 térawattheures (TWh) d’électricité par année, soit environ le cinquième de la consommation de la ville de New York.
Photo: Angela Weiss Agence France-Presse Selon Hydro-Québec, son projet — baptisé Champlain Hudson Power Express (CHPE) — permettrait d’acheminer près de 10 térawattheures (TWh) d’électricité par année, soit environ le cinquième de la consommation de la ville de New York.

Hydro-Québec veut croquer dans la grosse pomme. Après le Massachusetts, c’est à l’État de New York que la société d’État veut vendre de l’électricité. Si le projet va de l’avant, ça pourrait être son plus gros coup à ce jour.

Le producteur d’énergie a annoncé mercredi que lui et son partenaire américain Transmission Developers proposent de construire une ligne de transport pour alimenter en partie Manhattan et les autres arrondissements de la ville de New York avec une combinaison d’hydroélectricité québécoise et d’« électricité renouvelable » produite dans le nord de l’État de New York.

Selon Hydro-Québec, son projet — baptisé Champlain Hudson Power Express (CHPE) — permettrait d’acheminer près de 10 térawattheures (TWh) d’électricité par année, soit environ le cinquième de la consommation de la ville de New York.

Dans son approche, Hydro-Québec mise sur le côté vert de l’énergie qu’elle produit. Sa grande patronne, Sophie Brochu, note d’ailleurs qu’elle veut « aider l’État et sa métropole à atteindre leurs objectifs climatiques ambitieux ». « Cet apport d’énergie propre réduirait les émissions de carbone d’environ 3,9 millions de tonnes métriques annuellement, ce qui équivaudrait à retirer 44 % des voitures des rues de New York », insiste Hydro-Québec dans un communiqué.

Le projet a été soumis à la New York State Energy Research and Development Authority (NYSERDA) et fera vraisemblablement face à la concurrence d’autres projets présentés par des producteurs d’énergies renouvelables.

Hydro-Québec qualifie le contrat potentiel d’« extrêmement important », mais refuse de révéler quels revenus elle prévoit que ce projet lui permettra de générer. « On a soumis une série de propositions », a expliqué Lynn St-Laurent, une porte-parole de la société d’État, en entrevue avec La Presse canadienne, avant de lancer dans un échange : « Je ne vous donnerai pas de chiffres. »

La décision de l’organisme devrait être annoncée au cours du troisième trimestre et doit être suivie d’un processus de consultation et d’analyse des projets retenus. « C’est seulement rendu à cette période-là qu’on pourra avoir un peu plus de clarté sur ce que ça pourra rapporter », a indiqué Mme St-Laurent.

À titre de comparaison, les revenus qui seront tirés du contrat — qualifié d’« historique » — visant à acheminer au Massachusetts 9,45 térawattheures d’hydroélectricité par année pendant 20 ans sont estimés à environ 10 milliards $US. L’entente avec l’État de New York s’échelonnerait quant à elle sur 25 ans.

Hydro-Québec a également refusé de préciser quelle serait la source d’électricité renouvelable qui sera produite dans le nord de l’État de New York en citant des ententes de confidentialité.

L’État le plus peuplé du Nord-Est américain s’est donné pour cible de réduire ses émissions polluantes de 40 % d’ici 2030 et de 85 % d’ici 2050, par rapport aux niveaux de 1990.

Construction souterraine

Selon la proposition, la ligne de transport serait entièrement souterraine. « Son tracé commence à la frontière canado-américaine, à la limite sud du Québec, puis passe sous le lac Champlain, le fleuve Hudson et la rivière Harlem avant de rejoindre le poste électrique Astoria, dans le Queens, à New York », détaille Hydro-Québec. La ligne électrique qui devra être construite au Québec sera également souterraine, a assuré Mme St-Laurent. Elle reliera le poste Hertel, situé à La Prairie, jusqu’à la frontière. Des consultations publiques seront lancées dans les prochaines semaines.

Du côté américain, le projet a reçu toutes les autorisations requises pour aller de l’avant. Avec une mise en chantier dès cette année au sud de la frontière, la société d’État projette que la ligne pourrait être mise en service en 2025.

La construction pourrait débuter plus tard au Québec sans retarder le chantier puisque la ligne ferait approximativement 60 kilomètres contre 545 km aux États-Unis.

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