Le Québec a intérêt à miser sur le solaire, conclut un rapport

Dans un contexte d’électrification des transports et de mise en œuvre du Plan pour une économie verte, le recours accru à l’énergie solaire pourrait contribuer à l’atteinte de la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Québec à l’horizon 2030, souligne l’analyse.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Dans un contexte d’électrification des transports et de mise en œuvre du Plan pour une économie verte, le recours accru à l’énergie solaire pourrait contribuer à l’atteinte de la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Québec à l’horizon 2030, souligne l’analyse.

À l’instar d’autres pays qui misent sur l’énergie solaire pour décarboniser leur consommation d’énergie, le Québec aurait tout intérêt à développer cette filière pour répondre à la demande croissante des prochaines années, mais aussi pour atteindre ses objectifs climatiques, conclut une nouvelle étude financée par le gouvernement fédéral.

À l’heure actuelle, l’énergie solaire photovoltaïque représente moins de 1 % du mix énergétique de la province, alors que cette filière énergétique en fort développement dans le monde constitue « une pierre angulaire de la transition énergétique ». C’est ce que souligne l’étude « Énergie solaire photovoltaïque dans le mix énergétique québécois », transmise au Devoir avant sa publication prévue jeudi matin.

« Le Québec bénéficie d’un niveau d’irradiation solaire supérieur à celui de l’Allemagne, qui figurait au quatrième rang mondial des producteurs d’énergie solaire en 2019 », illustre Frédéric Côté, directeur général du centre de recherche appliquée Nergica, qui a réalisé cette analyse financée par Développement économique Canada. Globalement, cette filière d’énergie renouvelable bat d’ailleurs des records de développement année après année dans le monde, soulignait mardi l’Agence internationale de l’énergie. Elle représente aujourd’hui 25 % de la production mondiale d’énergie de sources renouvelables.

Une situation qui n’étonne pas Karim Belmokhtar, chargé de projet principal, recherche et innovation chez Nergica. « Agile, le solaire est beaucoup plus facile à déployer et à opérer que d’autres ressources, comme l’hydroélectricité ou encore l’éolien, qui nécessitent des installations et une logistique beaucoup plus complexes. On peut installer facilement un panneau solaire à la maison, ou encore dans le Nord, où les autres types d’énergie sont moins accessibles. »

Potentiel inexploité

Or, le secteur est toujours sous-développé au Québec, constatent les auteurs de l’étude qui sera lancée dans le cadre d’un événement réunissant plusieurs acteurs du domaine de l’énergie, dont Hydro-Québec et Énergir. Mais les choses pourraient changer, notamment parce que le coût de production pour les installations raccordées au réseau est appelé à diminuer au cours des prochaines années. Il devrait atteindre 5 ¢ à 6 ¢ le kilowattheure d’ici 2030, ce qui signifie que la filière sera compétitive par rapport à l’éolien et à l’hydroélectricité.

« Nous disposons des ressources pour déployer pleinement la filière solaire. Il faut maintenant se donner les moyens de la développer. Pour y parvenir, il faut notamment mettre l’accent sur l’importance de soutenir et de développer notre filière solaire québécoise par l’innovation et l’appui aux entreprises », explique M. Côté, en ajoutant que les technologies développées ici pourraient être exportées ailleurs dans le monde.

Dans un contexte d’électrification des transports et de mise en œuvre du Plan pour une économie verte, le recours accru à l’énergie solaire pourrait aussi contribuer à l’atteinte de la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Québec à l’horizon 2030, souligne l’analyse.

Pour le moment, Hydro-Québec prévoit une production solaire qui pourrait atteindre 0,4 térawattheure d’ici 2029, soit l’équivalent de la consommation d’environ 16 000 clients résidentiels. Mais M. Côté ajoute qu’il est possible d’aller beaucoup plus loin, puisque l’énergie solaire pourra aussi se développer avec une formule d’« autoproduction » qui ne serait pas reliée au réseau de la Société d’État.

Du côté d’Hydro-Québec, on démontre un intérêt certain pour le développement de la filière solaire. « Nous avons justement lancé un projet de deux centrales solaires photovoltaïques, sur la Rive-Sud (Montréal), qui permettra de valider le potentiel solaire du Québec. Différents types de panneaux seront mis à l’essai, notamment des panneaux bifaces, qui permettent de capter le reflet de la lumière sur le sol, en hiver particulièrement. Nous avons aussi des panneaux qui peuvent pivoter pour demeurer face au soleil le plus longtemps possible pendant la journée », explique la Société d’État.

Dans le cadre des prochains appels d’offres pour des approvisionnements, des projets solaires pourraient se tailler une place, ajoute Hydro-Québec.

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