Marchés boursiers - Le pétrole ne fait pas flancher les indices

Toronto — Les craintes pour l'approvisionnement en pétrole ont perduré hier, mais les principaux indices nord-américains ont quand même progressé.

À New York, le prix du brut léger pour septembre a ainsi grimpé de 1,01 $US, à 42,83 $US le baril. Les marchés redoutent que la pétrolière Ioukos, de Russie, ait à stopper sa production bientôt, à cause d'ennuis judiciaires avec le régime Poutine.

À la Bourse de Toronto, l'indice S&P/TSX a grimpé de 61,95 points, à 8356,32, sur un volume de 183,9 millions d'actions échangées.

«Voilà qui va sûrement tendre à freiner la croissance aux États-Unis, a signalé David Wolf, économiste à la Banque Royale. Nous en voyons déjà les effets, avec le bilan des ventes au détail de juin.»

Sur le marché des changes, le dollar canadien est remonté de 0,17 ¢US pour terminer à 75,05 ¢US.

Malgré cela, M. Wolf se veut optimiste: «Je suis plutôt dans le camp du verre à moitié plein que dans celui du verre à moitié vide», a-t-il philosophé. Pour son collègue Fred Ketchen, de la Banque Scotia, «nous avons souvent vu cela, une journée de faiblesse et puis, en fin de séance, un groupe rattrape les pertes du début et remet la tendance à la hausse, estimant qu'il y a des aubaines à ramasser».

Une note mitigée

À Wall Street, la Bourse américaine a terminé sur une note mitigée hier, réduisant fortement ses pertes de la mi-journée malgré le record historique atteint par les prix du pétrole: le Dow Jones a gagné 0,3 % et l'indice composé du Nasdaq a cédé 0,6 %. Le Dow Jones a pris 31,93 points, à 10 117,07 points, et l'indice composé du Nasdaq a reculé de 10,84 points, à 1858,26 points. L'indice Standard and Poor's 500, plus représentatif de la tendance générale, a fini en hausse de 0,59 point (+0,1 %), à 1095,42 points.

La flambée des prix de l'or noir «a pesé fortement sur la Bourse jusqu'à la fermeture du marché pétrolier», a commenté Larry Wachtel, principal stratège boursier de Wachovia Securities. «Après avoir gardé les yeux fixés sur un cours de plus en plus haut, les investisseurs ont éprouvé un peu de répit et détourné leur attention», a-t-il ajouté.

Selon lui, le livre beige de la Réserve fédérale (Fed) «a plutôt montré une activité industrielle décente aux États-Unis, ce qui a compensé en partie les mauvaises nouvelles des commandes industrielles». La reprise s'est poursuivie aux États-Unis depuis début juin mais son rythme s'est généralement assagi, avec un ralentissement de la consommation et une modération de l'activité industrielle, a souligné hier la Fed dans son livre beige.

Les commandes de biens durables sont reparties à la hausse en juin aux États-Unis, mais deux fois moins vite que ne l'espéraient les analystes, avec un gain de 0,7 % par rapport à mai, notamment grâce au secteur militaire.