Offensive de charme - Les p.-d.g. de Molson et de Coors défendent leur projet de fusion

Un camion de Molson dans les rues de Montréal. Selon les directions de Molson et de Coors, «tous les actionnaires» bénéficieraient de la fusion des deux brasseurs.
Photo: Agence Reuters Un camion de Molson dans les rues de Montréal. Selon les directions de Molson et de Coors, «tous les actionnaires» bénéficieraient de la fusion des deux brasseurs.

Les chefs de la direction des brasseries Molson et Adolph Coors passent à l'offensive pour défendre leur projet de fusion.

Hier, lors d'une conférence téléphonique qui s'inscrit dans le cadre d'une «tournée d'information pour les investisseurs» lancée la veille,

le p.-d.g. de Coors, Leo Kiely, a dit que cette transaction d'une valeur de six milliards de dollars vise à «débloquer de la valeur pour les actionnaires — et nous disons tous les actionnaires».

Cette référence à «tous les actionnaires» visait clairement Ian Molson, qui s'oppose à la fusion avec Coors et tenterait même de présenter une offre concurrente de quatre milliards de dollars afin de racheter Molson avec l'appui du conglomérat torontois Onex.

Ian Molson était vice-président du conseil d'administration de Molson jusqu'à sa démission, en mai dernier, en raison d'un conflit avec son cousin Eric Molson, qui occupe la présidence du conseil.

Dans le cas où les actionnaires de Molson se prononceraient en faveur d'une offre concurrente, M. Kiely a menacé de mettre un terme au partenariat qui unit Coors et Molson depuis six ans. Cette entente permet à Molson de brasser, distribuer et vendre la bière Coors Light au Canada, alors que Coors distribue aux États-Unis certaines bières de Molson.

Même si aucune autre offre n'a encore été présentée, Ian Molson pourrait également obtenir l'appui d'un brasseur concurrent, tel que Heineken ou SABMiller.

Des synergies

Le chef de la direction de Molson, Dan O'Neill, a pour sa part déclaré qu'une fusion entre Molson et Coors permettrait des synergies résultant en des gains annuels de 175 millions $US, en plus d'économies de 40 à 50 millions.

M. O'Neill a expliqué que ces sommes pourraient être épargnées grâce notamment à l'intégration des équipes de vente et à la réorganisation des coûts de transport. «Ce ne sont pas des sujets que nous prévoyons aborder, a-t-il déclaré. Ce sont des discussions que nous avons déjà eues.»

Le nouveau brasseur issu d'une fusion entre Molson et Coors se classerait au cinquième rang mondial et compterait quelque 15 000 employés. L'action de catégorie A de Molson à la Bourse de Toronto a clôturé en baisse de 6 ¢ hier, à 33,24 $, après avoir chuté de 1,96 $ la veille. La firme de notation de crédit Standard and Poor's a fait savoir lundi qu'elle accolait une perspective négative à la dette de Molson en raison de la faiblesse de ses résultats d'exploitation.