Nouvelle sortie syndicale contre Quebecor

Les allégations de manoeuvres d'intimidation et de pratiques antisyndicales dans diverses usines de Quebecor World aux États-Unis ont de nouveau refait surface hier. Le Syndicat international des communications graphiques (SICG) a déclaré que deux sections du US National Labor Relations Board avaient retenu cinq de ses plaintes comme étant fondées.

Quebecor World, premier imprimeur commercial au monde et filiale de Quebecor inc., a immédiatement répliqué, comme dans le passé, que cette campagne est celle d'un syndicat qui ne souhaite que promouvoir le recrutement de nouveaux membres. L'entreprise a affirmé que ces cinq plaintes étaient deux «technicalités minimes» et que la situation est déjà réglée.

Les plaintes concernent entre autres des employés de l'usine de Corinth, dans le Mississippi, qui auraient subi des mesures disciplinaires pour avoir distribué des pétitions syndicales en vue de syndiquer l'établissement. L'entreprise montréalaise affirme que la situation découle d'une ancienne règle — en vigueur depuis l'époque où l'usine appartenait à World Color — selon laquelle un employé devait quitter l'usine une fois son quart de travail terminé.

À une autre usine, celle de Versailles, au Kentucky, le syndicat affirme que la compagnie s'adonnait à des pratiques d'intimidation en envoyant un gardien de sécurité noter le nom des employés qui distribuaient des documents syndicaux. Selon Quebecor World, le gardien de sécurité était à l'emploi d'une agence et a reçu l'ordre de cesser cette pratique.

«Par respect pour la NLRB, la société a volontairement modifié ses politiques de manière à se conformer intégralement aux dispositions de la loi. En résolvant ces questions, la société n'a admis aucune infraction à la loi, et aucune accusation formelle n'a été portée à cet effet», a indiqué Quebecor World dans un communiqué.

Davantage de droits

Or le SICG affirme que les incidents à Corinth sont «loin d'être minimes» et que les employés ont carrément risqué leur emploi. «Il s'agit tout simplement de promouvoir l'activité syndicale afin que les employés aient davantage de droits dans les usines», a indiqué Matt Painter, porte-parole du SICG, qui compte 80 000 membres dont 7600 chez Quebecor World.

Les deux parties se livrent une guerre de chiffres. Le SICG dit avoir déposé 54 plaintes en tout depuis le début de la campagne Justice@Quebecor en décembre, dont 31 qui sont toujours en attente d'une décision et 23 qui sont fondées ou en instance d'appel. De son côté, Quebecor World signale que les autorités américaines en matière de relations de travail ont rejeté ou ont l'intention de rejeter 33 allégations.

La compagnie montréalaise a déjà accusé le syndicat de se livrer à une campagne de «chantage», qui aurait pour but de forcer la compagnie à laisser le syndicat recruter ses membres par signatures de cartes plutôt que par vote secret. Le syndicat a une fois de plus rejeté cette allégation hier, disant que les incidents s'étaient bel et bien déroulés.

L'imprimeur dit que le tiers de ses employés américains sont déjà syndiqués, ce qui représenterait un taux plus élevé que la moyenne de 12 % dans les secteurs public et privé.

Le SICG est affilié au AFL-CIO, une confédération de plusieurs syndicats qui comptent en tout 13 millions de membres.