Pierre Karl Péladeau lance une nouvelle salve contre Bell

Le grand patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau
Adrian Wyld La Presse canadienne Le grand patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau

Le propriétaire de Vidéotron et des chaînes LCN et TVA Sports reproche à Bell d’être en constant conflit d’intérêts lorsque vient le temps de négocier les redevances pour les chaînes spécialisées.

Le grand patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a profité de sa tribune à l’assemblée annuelle des actionnaires du Groupe TVA, mardi, pour lancer une nouvelle salve contre Bell Canada. L’entreprise est « dans une situation permanente de conflit d’intérêts, incapable de pouvoir adéquatement nous rémunérer », a lancé celui qui occupe aussi le poste de président et chef de la direction par intérim du Groupe TVA.

« Groupe TVA est parvenu à négocier des tarifs […] avec tous les câblodistributeurs, à l’exception de Bell », a déploré M. Péladeau, soutenant que l’entreprise de télécommunications refuse de « reconnaître la juste valeur marchande » des chaînes de TVA.

Le litige commercial porte sur le montant des redevances que Bell devrait verser au conglomérat pour la distribution de ses chaînes spécialisées, notamment LCN, mais surtout TVA Sports, qui accumule les difficultés. Questionnée par La Presse canadienne sur l’état du désaccord avec Québecor et sur sa prétendue position de juge et partie, Bell Canada a répondu qu’elle ne commentera pas « les négociations commerciales ».

Dans l’ensemble, les résultats financiers du Groupe TVA pour l’exercice 2020 affichent un bénéfice d’exploitation de 85,3 millions, en hausse de 17 % par rapport à 2019, malgré une baisse de 10 % des produits d’exploitation qui se sont chiffrés à 508,1 millions.

Profits en baisse

« Cette croissance a été alimentée en grande partie par la situation ponctuelle de TVA Sports ainsi que par les différentes mesures d’aide gouvernementales offertes dans le contexte de la crise sanitaire », a expliqué Anick Dubois, la vice-présidente aux finances. Celle-ci a révélé que le Groupe TVA a touché près de 29 millions par l’entremise de la Subvention salariale d’urgence mise en place par le gouvernement fédéral.

Groupe TVA est parvenu à négocier des tarifs […] avec tous les câblodis-tributeurs, à l’exception de Bell

La pandémie de COVID-19 a continué de gruger les profits du Groupe TVA au premier trimestre. La filiale de Québecor Média a affiché une perte nette de 4,5 millions, ou de 0,10 $ par action, après avoir perdu 723 000 $ à la même période l’an dernier.

Pour le trimestre clos le 31 mars dernier, ses revenus se sont élevés à 140,8 millions, en hausse par rapport à 137,1 millions un an plus tôt, au début de la crise. Son bénéfice d’exploitation ajusté a toutefois dégringolé à 2,1 millions, contre 8,5 millions au premier trimestre de l’année précédente.

Incertitude

Son président et chef de la direction par intérim, Pierre Karl Péladeau, a notamment attribué ce recul à la baisse de rentabilité de la chaîne TVA Sports, en raison du calendrier condensé de Ligue nationale de hockey (LNH). Dans un communiqué transmis lundi soir, il a toutefois noté que le « volume d’affaires reprend progressivement, se rapprochant des tendances habituelles ».

Au petit écran, le trimestre a été marqué par le retour des populaires émissions Les beaux malaises 2.0 et Star Académie, indique-t-on. Le secteur des magazines a pour sa part reçu un important coup de pouce gouvernemental.

La situation sanitaire continuera de faire planer l’incertitude au-dessus du Groupe TVA, plombant les revenus publicitaires, affectant la tenue d’événements sportifs à diffuser en direct et complexifiant les activités chez MELS, entre autres. Maintenant adaptées aux mesures sanitaires, ses installations pourront néanmoins accueillir la mégaproduction Transformers du studio Paramount, dont le tournage doit débuter au prochain trimestre.

Le Groupe TVA est une compagnie cotée en Bourse. Il est le principal diffuseur au Québec. TVA et ses chaînes spécialisées affirment occuper 40,6 % des parts de marché. La chaîne principale occuperait à elle seule 24,2 % du marché.

 

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