Une croissance des prix des propriétés de 15 à 20% à Montréal «encore cette année»

L’exode vers la banlieue continuera par ailleurs de bénéficier aux régions éloignées voisines de la grande région de Montréal, où les logements sont généralement plus abordables, prévoit la SCHL.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’exode vers la banlieue continuera par ailleurs de bénéficier aux régions éloignées voisines de la grande région de Montréal, où les logements sont généralement plus abordables, prévoit la SCHL.

La valeur des propriétés de la grande région de Montréal sur le marché de la revente devrait continuer de croître de 15 à 20 % d’ici la fin de 2021 par rapport à l’an passé, entrevoit la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) dans un rapport publié jeudi.

Après avoir augmenté annuellement d’environ 5 à 6 % dans les années qui ont précédé la pandémie, le prix moyen sur le marché de la revente a explosé en 2020 à Montréal et dans sa banlieue, pour atteindre une hausse d’environ 15 %. La tendance se poursuit d’ailleurs actuellement. Cette hausse avoisine les 25 % pour les quatre premiers mois de l’année en cours, par rapport à la même période en 2020.

Dans les prochains mois, cette pression sur le marché — « insoutenable » à long terme, précise la SCHL — devrait diminuer quelque peu à la grandeur du pays, selon l’organisme fédéral. C’est donc dire que les ventes de logements et la croissance des prix à l’échelle canadienne diminueront par rapport à l’an passé. Elles demeureront toutefois « élevées », en particulier en ce qui a trait aux « maisons individuelles » offertes sur le marché de la revente.

Offre limitée

Dans la grande région de Montréal, la SCHL relève que le peu de propriétés disponibles et la baisse de leur abordabilité limiteront « la croissance des transactions en 2021 », laquelle pourrait se stabiliser au niveau de 2020. Les prix, cependant, continueront de grimper de façon importante, car les conditions de marché « continueront de favoriser fortement les vendeurs dans la métropole en 2021 ».

« Il n’y a pas beaucoup de stock sur le marché, ce qui fait en sorte que la demande est élevée et que l’offre est très limitée », ce qui contribue à la croissance des prix, explique au Devoir l’économiste Francis Cortellino, de la SCHL.

Cette situation pourrait d’ailleurs avoir des répercussions sur le marché locatif, où le taux d’inoccupation demeure faible à bien des endroits dans la grande région de Montréal. « Les jeunes ménages, qui ont moins les moyens de s’acheter une propriété avec les hausses de prix actuelles, restent locataires plus longtemps », souligne M. Cortellino. Ce dernier s’attend ainsi à ce que la pression à la hausse sur les loyers « soit encore présente » cette année, en particulier en banlieue de Montréal.

« L’ombre au tableau »

La forte hausse des prix sur le marché immobilier peut surprendre alors que le nombre de mises en chantier d’habitations dans la région métropolitaine a atteint l’an dernier son plus haut niveau en 15 ans, un élan qui devrait se poursuivre cette année. Or, précise M. Cortellino, ces nouvelles constructions concernent majoritairement le marché locatif. Elles ont donc peu d’impacts sur la fluctuation des prix sur le marché de la revente, explique-t-il.

Par ailleurs, le centre-ville de Montréal, qui s’est vidé de ses travailleurs en raison du recours massif au télétravail depuis le début de la pandémie, représente « l’ombre au tableau » de la section du rapport de la SCHL. Dans ce secteur, tout comme dans le reste de l’arrondissement de Ville-Marie et dans quelques quartiers voisins, les ventes de copropriétés continueront d’être faibles « tant que les acheteurs et les investisseurs ne verront pas la situation aux frontières revenir un peu plus à la normale », peut-on lire.

L’exode vers la banlieue continuera par ailleurs de bénéficier aux régions éloignées voisines de la grande région de Montréal, où les logements sont généralement plus abordables, prévoit la SCHL.

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