Le pétrole remonte vers les sommets de juin

New York — Les cours du pétrole ont clôturé à leur plus haut niveau depuis près de deux mois hier à New York (41,84 $US), sous l'impulsion d'achats par des spéculateurs qui veulent tenter de retrouver ou de dépasser les records historiques atteints début juin. En outre, les investisseurs restent inquiets du risque de faillite chez le géant pétrolier Ioukos, et de l'insécurité au Moyen-Orient, où se trouvent plusieurs des principaux pays producteurs du monde.

À New York, le baril de brut a pris 40 ¢US, à 41,84 $US, son plus haut niveau de clôture depuis le 1er juin, après avoir perdu 27 ¢US lundi. En cours de séance, le prix du baril est monté jusqu'à 42,22 $US avant de se replier.

Le brut avait atteint son record absolu le 1er juin, en montant jusqu'à 42,45 $US pendant les échanges électroniques et à 42,33 $US en clôture.

«C'est toujours l'action des spéculateurs qui fait monter les prix et s'approcher des sommets atteints en juin», a commenté Marshall Steeves, analyste de Refco. Les spéculateurs ont récemment accru leur présence sur le marché par peur d'éventuelles perturbations de la production, a renchéri David Thomas, analyste à la Commerzbank. M. Steeves a ajouté que les investisseurs étaient toujours préoccupés par l'avenir de Ioukos et par «la crise au Moyen-Orient».

L'affaire Ioukos

Le numéro un russe du pétrole a été condamné à verser 3,4 milliards $US d'arriérés d'impôts pour la seule année 2000. Il est dans l'incapacité de régler cette somme immédiatement puisque la justice a gelé ses titres, ses actifs et certains de ses comptes. loukos a reçu une autre réclamation de 3,4 milliards d'arriérés pour l'année 2001 et le fisc pourrait aussi lui présenter sa note pour 2002 et 2003.

La justice russe a annoncé qu'elle préparait la vente de la principale filiale de production du groupe, une mesure qui pourrait entraîner la faillite de Ioukos, qui produit 1,7 million de barils par jour.

En outre, un mandat d'arrêt pour meurtre a été lancé lundi contre Léonid Nevzline, le deuxième plus gros actionnaire du géant pétrolier, réfugié en Israël depuis l'été dernier. L'action Ioukos a poursuivi son déclin vertigineux hier à la Bourse de Moscou, perdant 14,3 % sur la séance, alors que les investisseurs ne croient plus guère à la survie du groupe.

Les analystes se focaliseront aujourd'hui sur les rapports hebdomadaires du département de l'Énergie (DoE) et de l'Institut américain du pétrole (API) sur les réserves américaines de pétrole, et s'attendent à ce que ces chiffres fassent encore monter les cours. Ils tablent en moyenne sur une baisse de 900 000 à 1 million de barils de brut la semaine dernière aux États-Unis, sur un recul de 150 000 barils d'essence et de 600 000 barils de produits distillés.

Enfin, M. Steeves, a noté que l'annonce par la firme pétrolière américaine Citgo d'un problème dans sa raffinerie de Corpus Christi au Texas n'avait fait qu'ajouter encore à la tension au marché.

Le marché s'inquiète surtout de l'insuffisance des stocks de produits distillés, qui restent sous leur moyenne des cinq dernières années.