Bénéfice net ajusté de 3,91 milliards $US - BP profite de la vigueur du brut et du marché russe

Londres — Le géant pétrolier britannique BP a fait part de résultats trimestriels en nette hausse hier grâce à la flambée des cours du brut et à la vigueur de ses activités en Russie, épargnées jusqu'ici par la crise que traverse Ioukos. Le groupe a également fait preuve d'un grand optimisme pour le reste de l'année, assurant que «le meilleur reste à venir».

BP a dégagé un bénéfice net ajusté (hors effet de stocks) de 3,91 milliards $US au deuxième trimestre 2004, en hausse de 23 % par rapport à la même période l'année précédente. Hors exceptionnels, le bénéfice s'est élevé à 4,12 milliards $US, un chiffre conforme aux attentes des analystes.

«Ce sont des résultats très satisfaisants», a déclaré le sourire aux lèvres John Browne, directeur général du groupe, lors d'une conférence de presse à Londres. «Le contexte est très positif. Il est clair que nous sommes dans un environnement de prix élevés du pétrole», a-t-il souligné.

Selon lui, les cours du brut, qui flirtent avec leurs records historiques, devraient rester soutenus en 2004 par la robustesse de la demande et l'insuffisance des capacités de production excédentaires de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). «L'OPEP envoie de nombreux signaux selon lesquels elle a l'intention de maintenir les prix élevés plutôt que de les faire baisser», a estimé M. Browne.

Jusque-là, le cours moyen du Brent de la mer du Nord au troisième trimestre s'établit à 37 $US le baril, contre 35,32 $US au deuxième trimestre, son niveau trimestriel le plus élevé depuis plus de 20 ans, a précisé le patron de BP.

Le groupe table en outre sur une production moyenne de plus de quatre millions de barils équivalent pétrole par jour en 2004, en hausse de 10 % par rapport à 2003.

Autre élément ayant fortement contribué aux résultats du groupe, les bonnes performances de sa société commune russe TNK-BP, a expliqué M. Browne. TNK-BP a permis à BP d'accroître sa production de 18 % au premier semestre. Sans l'apport de ce joint-venture, la production du groupe aurait chuté de 7 % sur cette période.

Le marché russe

L'offre de TNK-BP devrait encore progresser de 12 % d'ici la fin de l'année, a prédit John Browne, sans cacher sa satisfaction d'avoir justement investi de façon massive sur le marché russe. Les démêlés de Ioukos avec la justice russe «n'ont eu aucun effet sur les opérations de TNK-BP», a indiqué M. Browne, voulant rassurer des investisseurs inquiets des répercussions d'une éventuelle mise en faillite du numéro un russe si celui-ci échouait à s'acquitter de dettes faramineuses.

«Tout va dans la bonne direction, en termes de production, d'investissements et de retour aux actionnaires. Nous voulions moderniser la société et accroître sa production, et c'est que nous faisons», a souligné le directeur. «Il semble improbable» que Ioukos affecte les activités de BP, a poursuivi M. Browne, pour qui cette crise en Russie n'a rien à voir avec le potentiel du secteur pétrolier et gazier russe.

Par ailleurs, il a assuré que BP ne s'intéressait pas à l'achat éventuel d'actifs de Ioukos, alors que la justice russe songe notamment à vendre le joyau

du groupe, Iouganskneftegaz. «Nous sommes bien où nous sommes avec TNK-BP. Nous n'avons pas besoin de faire d'autres acquisitions», a expliqué M. Browne. «TNK-BP investit dans de nouveaux projets en Sibérie», a-t-il ajouté en relevant le gros potentiel de cette région.

Les associés russes de BP — Alfa, Access et Renova (AAR) — restent attachés à TNK-BP malgré l'affaire Ioukos, et confiants dans son avenir, a assuré le directeur général.