Zone euro: face à une timide croissance, l'OCDE appelle la région à des réformes

Bruxelles — La croissance dans la zone euro, encore timide, devrait progressivement s'accélérer pour atteindre 2,5 % en 2005, prévoit l'OCDE, qui appelle toutefois les pays de la région à des réformes structurelles et un assainissement plus ambitieux de leurs finances publiques.

L'Organisation de coopération et développement économique (OCDE) prévoit une croissance de 1,5 % en 2004, qui devrait s'accélérer en 2005 avec un taux de croissance de 2,5 %, selon son étude 2004 sur la zone euro publiée hier.

Globalement, la région, où le chômage devrait rester «irréductiblement élevé» à 8,75 % en 2004, reste pourtant à la traîne. «S'il n'est pas surprenant que la zone euro soit entrée en récession après la phase d'expansion 1995-2000, il est curieux que la croissance ait repris de manière beaucoup plus hésitante que dans beaucoup d'autres pays de l'OCDE», commente l'organisation. «Le redressement de l'activité a été plus lent que partout ailleurs, et la demande intérieure est demeurée particulièrement faible, la confiance des consommateurs ne parvenant pas à se raffermir», explique-t-elle.

Afin de permettre aux pays de la zone de rattraper leur retard, l'organisation avance une série de recommandations, prônant notamment un plus grand effort en matière budgétaire.

Un enjeu majeur

Pour l'OCDE, «assurer la viabilité des finances publiques face au vieillissement des populations est un [...] enjeu majeur», notamment parce qu'il interfère avec la croissance. «Il est essentiel pour la confiance et l'efficience économique d'asseoir les politiques budgétaires sur des bases saines tout en évitant d'alourdir la charge fiscale déjà pesante», ajoute-t-elle.

Selon l'OCDE, la «politique budgétaire doit être davantage tournée vers l'avenir». L'idée serait d'intensifier «l'assainissement pendant les périodes favorables, pour [...] créer la marge de manoeuvre nécessaire à une plus grande flexibilité à court terme». Une meilleure application des règles européennes en la matière devrait ainsi permettre «d'introduire plus de flexibilité dans le pacte» de stabilité et de croissance, juge-t-elle, rappelant que six des douze pays de la zone euro enregistrent ou risquent d'enregistrer des déficits supérieurs à la limite des 3 % du PIB inscrite dans le pacte.

Une «plus grande souplesse pourrait être envisagée pour les pays qui ont assaini leurs finances publiques et sont peu endettés, afin de permettre de financer les coûts initiaux éventuels d'une réforme des pensions [...] ou d'autres réformes structurelles», développe l'OCDE.

Pour l'organisation, d'autres mesures sont essentielles si les pays européens veulent atteindre l'objectif qu'ils se sont fixés à Lisbonne, celui de devenir l'économie la plus compétitive du monde d'ici à 2010.

«Les réformes structurelles, qui sont nécessaires pour que l'économie de la zone euro se rapproche des ambitieux objectifs fixés par le Sommet de Lisbonne de 2000, ont été hésitantes et fragmentaires», juge l'OCDE. Elle considère nécessaire «d'achever le marché unique pour les services, mieux intégrer les marchés financiers et améliorer les conditions de l'innovation et de la diffusion de la technologie», notamment par davantage d'investissements dans l'enseignement supérieur et par la stimulation du financement privé de la recherche.

Les pays de la zone doivent aussi s'attaquer à la faiblesse de la mobilité du travail, estime l'OCDE, pour qui est nécessaire «un rapide ajustement des salaires et des prix [...] face à l'atonie de la conjoncture».