La montréalaise Sonder fait son entrée en bourse

Sonder Canada possède des appartement dans 30 villes de 8 pays à travers le monde dont New York (sur la photo), Miami, Londres, Ams-terdam, Dubai, Barcelone et  Montréal, là où la compagnie a été fondée.
Ted Shaffrey Associated Press Sonder Canada possède des appartement dans 30 villes de 8 pays à travers le monde dont New York (sur la photo), Miami, Londres, Ams-terdam, Dubai, Barcelone et Montréal, là où la compagnie a été fondée.

Créé à Montréal il y a moins d’une décennie, Sonder ambitionne de devenir un « Amazon de l’hospitalité », selon son cofondateur ainsi que président et chef de la direction, Francis Davidson. Pour atteindre cet objectif, le spécialiste des séjours ponctuels estime qu’une entrée en Bourse lui permettra d’accélérer sa croissance.

L’entreprise établie à San Francisco a annoncé ses couleurs un peu plus de quatre mois après avoir obtenu un prêt de 30 millions du gouvernement Legault pour implanter un centre de croissance à Montréal, ce qui devrait engendrer la création de quelque 700 emplois sur cinq ans. Pour effectuer son entrée en Bourse, Sonder a opté pour une stratégie qui gagne en popularité en concluant une entente avec la société « d’acquisition à vocation spécifique » Gores Metropoulos, appuyée par les milliardaires Alec Gores et Dean Metropoulos.

« Nous avons l’ambition de révolutionner le monde de l’hospitalité, a dit M. Davidson, au cours d’un entretien téléphonique. Il y a eu des moments difficiles après la pandémie en 2020. Nous voyons une occasion incroyable dans la reprise économique pour accélérer nos plans d’expansion. »

La nouvelle entité, dont les actions devraient se négocier au Nasdaq, devrait être évaluée à 2,2 milliards $US et elle devrait disposer d’une trésorerie supérieure à 700 millions grâce à des capitaux levés par Gores Metropoulos en janvier dernier et un placement privé de 200 millions.

Cofondée en 2012 par M. Davidson et Martin Picard alors qu’ils étudiaient à l’Université McGill, Sonder se présente comme une entreprise hôtelière nouveau genre en offrant la location de logements sur ses plateformes. Elle exploite plus de 300 propriétés dans 35 marchés répartis dans huit pays. L’entreprise signe notamment des baux à long terme avec des propriétaires immobiliers pour ensuite offrir la location de ces espaces pour des séjours de courte durée ou à moyen terme.

« Nous voulons investir en technologie pour développer notre plateforme, a dit M. Davidson. Au cours des 18 prochains mois, nous désirons prendre de l’expansion dans les marchés où nous sommes actuellement. À plus long terme, on souhaite être dans les 100 plus grandes villes du monde. »

C’est dans le cadre d’une présentation destinée aux investisseurs que le cofondateur de la société a exprimé le souhait de la voir devenir un « Amazon de l’hospitalité ». « C’est une analogie pour montrer que nous nous servons de la technologie en plus d’exploiter nos propriétés, a dit M. Davidson au bout du fil. Nous sommes une entreprise qui est à la fois dans la technologie et l’exploitation. »

Le cofondateur et dirigeant de Sonder a dit avoir opté pour un regroupement avec une société comme Gores Metropoulos plutôt que de réaliser un premier appel public à l’épargne en bonne et due forme, notamment en raison de la « certitude » sur le capital qui sera obtenu grâce à l’opération.

4 milliards
C’est le chiffre d’affaires que Sonder prévoit générer en 2025 grâce à une bonification de son offre immobilière et de la reprise dans l’industrie du tourisme.

Pas de profits… pour l’instant

Sonder prévoit de générer un chiffre d’affaires d’environ 4 milliards en 2025 grâce à une bonification de son offre immobilière et la reprise dans l’industrie du tourisme, toujours affectée par la pandémie de COVID-19. La compagnie, qui a obtenu plusieurs centaines de millions de dollars par l’entremise de cycles de financement au fil du temps, vaut plus de 1 milliard, ce qui lui vaut l’appellation de « licorne », utilisée dans le secteur des jeunes entreprises technologiques.

D’après les informations présentées aux investisseurs, Sonder a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 143 millions en 2019, où sa perte d’exploitation s’est chiffrée à 178,7 millions. Affectée par la crise sanitaire l’an dernier, la compagnie a vu ses revenus décliner à 116 millions tandis que la perte d’exploitation a atteint 240 millions. Sonder s’attend toutefois à une croissance de 49 % de ses recettes en 2021, qui devraient atteindre près de 173 millions $US. La société prévoit par ailleurs qu’elle pourra générer un bénéfice d’exploitation ajusté à compter de l’exercice 2023.

Dans la métropole, la compagnie comptait plus de 120 travailleurs en décembre dernier. Le nouveau centre montréalais, un projet évalué à environ 182 millions, devrait être consacré au développement technologique, à l’intelligence artificielle, à la finance ainsi qu’au service à la clientèle.

Le regroupement de Sonder Gores Metropoulos devrait se concrétiser au cours de la deuxième moitié de l’année. L’opération prévoit également un placement privé de 200 millions $US réalisé par des investisseurs comme Fidelity Management, une société de gestion appartenant à BlackRock et à Senator Investment Group.