Le Québec en tête de liste pour les conditions de vie des travailleurs au salaire minimum

Le 1er mai, le salaire minimum horaire augmentera de 3,1% au Québec pour atteindre 13,50$.
Photo: iStock Le 1er mai, le salaire minimum horaire augmentera de 3,1% au Québec pour atteindre 13,50$.

Le Québec n’offre pas le salaire minimum le plus élevé au Canada, mais lorsqu’on tient compte du coût de la vie et des différentes prestations offertes par le gouvernement Legault, la province se démarque du reste du pays, constate une étude dévoilée jeudi.

Le 1er mai, le salaire minimum horaire augmentera de 3,1 % au Québec pour atteindre 13,50 $. La province espère ainsi permettre aux quelque 287 000 employés qui dépendent de ce salaire d’avoir une rémunération annuelle équivalente à 50 % du salaire moyen des Québécois.

Cette majoration placera le Québec en quatrième position au pays quant au taux du salaire minimum. En Colombie-Britannique, celui-ci a dépassé le seuil symbolique des 15 $ — que de nombreux organismes et syndicats réclament pour le Québec depuis quelques années — pour atteindre 15,20 $ l’heure cette année. En Ontario, le salaire minimum atteint 14,25 $ l’heure et en Alberta, 15 $.

« Meilleure couverture »

Un travailleur québécois au salaire minimum ne serait toutefois pas avantagé s’il décidait demain matin de déménager à Vancouver ou à Calgary, nuance Luc Godbout, titulaire de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke.

On constate que c’est au Québec qu’il y a la meilleure couverture des besoins de base pour le salaire minimum gagné

« On a plus de prestations de l’État ici, mais on a aussi un coût de la vie qui est moindre qu’ailleurs. Tout ça mis ensemble fait en sorte qu’on a une meilleure couverture [des besoins de base au Québec] » pour les personnes qui gagnent le salaire minimum, soulève l’expert.

Avec deux de ses collègues, M. Godbout publie vendredi une étude de 50 pages, dont Le Devoir a obtenu copie sous embargo. Celle-ci offre une analyse comparative à l’échelle du pays de l’évolution du revenu disponible pour les employés au salaire minimum dans différentes situations tout en tenant compte du système d’impôts et des prestations auxquelles ils ont droit, qui varient d’une province à l’autre.

En prenant en compte ces critères, le Québec se retrouve ainsi en première position quant au revenu disponible le plus élevé pour les couples avec deux enfants et un seul revenu au salaire minimum et pour les familles monoparentales, constatent les chercheurs. Les femmes et les jeunes sont d’ailleurs surreprésentés parmi les employés au salaire minimum qui ont, davantage que les travailleurs plus aisés, subi les conséquences de la pandémie.

« Le calcul de la portion du salaire minimum conservé par les ménages montre que le Québec obtient des taux parmi les plus élevés quand les revenus familiaux sont plus bas (un seul adulte qui travaille) et quand il y a des enfants », peut-on lire.

Le Québec se retrouve d’autre part en quatrième position au pays quant au revenu disponible pour les personnes seules ou pour les couples sans enfant qui reçoivent le salaire minimum. Dans la plupart des catégories, cependant, le Québec trône en tête de liste quant à la possibilité de ces ménages de répondre à leurs besoins de base tout en recevant le salaire minimum.

« Dans tous les cas, on constate que c’est au Québec qu’il y a la meilleure couverture des besoins de base pour le salaire minimum gagné », confirme M. Godbout.

Dans la province, environ 7 % des employés gagnent le salaire minimum, contre un peu plus de 10 % en moyenne au Canada.

 

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