Les grévistes du Port de Montréal dénoncent l’adoption prochaine d’une loi spéciale

Les travailleurs du Port de Montréal sont sans contrat de travail depuis décembre 2018 et ont commencé à refuser les heures supplémentaires et le travail de fin de semaine plus tôt ce mois-ci.
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Les travailleurs du Port de Montréal sont sans contrat de travail depuis décembre 2018 et ont commencé à refuser les heures supplémentaires et le travail de fin de semaine plus tôt ce mois-ci.

Les grévistes au port de Montréal étalaient leur colère, jeudi, de voir que les élus fédéraux ont adopté un projet de loi qui force leur retour au travail.

C-29 a passé l’étape des Communes, dans la nuit de mercredi à jeudi. Le projet de loi doit encore être étudié au Sénat qui a été convoqué pour ce faire, vendredi après-midi.

Dans un communiqué diffusé jeudi matin, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les débardeurs du port, s’en est pris au gouvernement libéral et à l’opposition conservatrice qui l’a appuyé pour l’adoption du projet de loi. « Ce sont deux partis qui parlent de soutenir les travailleurs et qui leur tournent le dos dès que ça chauffe un peu », a déploré le président national du syndicat, Mark Hancock.

Selon le SCFP, C-29 prive les travailleurs de leur droit à la grève, droit qui a été maintes fois confirmé par les tribunaux, et de leur « droit fondamental à une négociation collective libre et équitable ». « Tout au long de ce processus, nous nous sommes engagés à retourner au travail si l’employeur annulait les modifications unilatérales et injustes aux conditions de travail de nos membres », écrit M. Hancock, en accusant le gouvernement Trudeau de faire le jeu de l’employeur.

Les 1150 débardeurs du port de Montréal sont sans contrat de travail depuis décembre 2018 et ont commencé à refuser les heures supplémentaires et le travail de fin de semaine plus tôt ce mois-ci. Ils ont entamé leur grève lundi matin.

Le projet de loi impose le retour au travail à 0  h 01 suivant la sanction de la loi, à défaut de quoi le syndicat et l’employeur sont passibles d’amendes de 100 000 $ par jour d’infraction. C-29 impose aussi un médiateur-arbitre qui devra déterminer le contenu de la prochaine convention collective.

La ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi, calcule qu’une grève au port coûterait de 40 à 100 millions de dollars par semaine à l’économie du pays.

Durant le débat aux Communes sur C-29, la ministre a aussi argué qu’il s’agissait d’une question de vie ou de mort : des fournitures médicales et des produits pharmaceutiques essentiels sont coincés dans des conteneurs au port, une situation « désastreuse », selon elle.

C-29 a été adopté aux Communes par 255 voix contre 61. Le gouvernement a pu compter sur tous les députés conservateurs. Les élus bloquistes, néodémocrates et verts ont tous voté contre. Trois députés libéraux ont brisé les rangs et fait de même.

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