Apprendre à flairer les gains immobiliers

Pour dénicher des occasions d’affaires dans le contexte de flambée des prix des propriétés et des loyers, les investisseurs immobiliers sont nombreux à solliciter des conseils et des formations. De Flip Académie au Club d’investisseurs immobiliers du Québec, en passant par Immofacile, plusieurs organismes bénéficient de cet engouement.

Laurence Denis et Caroline Comeau ont acheté leur première propriété locative cet été, un duplex loué pour des périodes de trois à six mois à Saint-Sauveur. Les deux amies s’étaient lancé le défi lors d’un road trip, alors qu’elles se questionnaient sur la direction que prenait leur vie. Elles ont mis la main sur un deuxième immeuble similaire peu de temps après.

Dans le cadre de leur projet Arbore, qui a pour but d’encourager les femmes à se lancer dans le secteur de l’immobilier, elles documentent sur les réseaux sociaux leur expérience de nouvelles investisseuses et leur quête pour acquérir leurs prochaines propriétés. « Aujourd’hui, on trouve ça plus difficile, parce que toutes les propriétés qu’on regarde sont très recherchées. Il y a de la surenchère partout, des offres multiples, alors ça nous freine un petit peu », rapporte Mme Comeau.

Pour faire face à ce défi, les deux amies sollicitent énormément de conseils et s’efforcent d’acquérir beaucoup de connaissances. « Toutes les semaines, on fait des formations en ligne, on a des appels avec des spécialistes, comme des courtiers hypothécaires, des designers, des courtiers immobiliers », raconte Mme Comeau.

L’une des organisations que fréquentent les fondatrices d’Arbore est le Club d’investisseurs immobiliers du Québec. Son président, Yvan Cournoyer, estime qu’il y a eu dans la dernière année une augmentation des inscriptions pour du mentorat et ses diverses formations, données principalement par des investisseurs immobiliers à succès. Pour 150 $, il est notamment possible de suivre les formations en ligne de trois heures « L’art de faire des offres d’achat créatives », « Tout ce qu’il faut vérifier avant d’acheter » et « Le registre foncier appliqué : une véritable mine d’or ».

« Valeur sûre »

« Avec la frénésie qu’on vit, les bas taux d’intérêt incitent beaucoup de gens à se tourner vers l’immobilier, qui est une valeur sûre, indique M. Cournoyer. Comme on le dirait au Club, l’immobilier semble être la nouvelle religion. Des gens ont vendu leur business traditionnelle, sont sortis de la Bourse et s’en vont dans l’immobilier. »

Dans ce contexte, les investisseurs débutants et avancés ont de plus en plus besoin d’aide, croit-il. Ces informations viennent toutefois avec un coût. Les webinaires de quelques heures offerts par divers organismes sont parfois gratuits, mais coûtent parfois des centaines de dollars. Le « coaching double » de 75 heures d’Immofacile, qui comprend huit heures de cours individuel en plus de celui en groupe, coûte 3997 $. Flip Académie, dont les cours sont spécialisés dans la revalorisation et la revente d’immeubles, offre un « tronc commun » qui comprend notamment plusieurs journées de tutorat, du réseautage, une plateforme numérique pédagogique, l’accès à des professionnels et un carnet de contacts, disponible en six paiements de 574 $.

« Je raconte ce qui m’est arrivé et ce qui est arrivé aux autres et je dis quoi faire ou ne pas faire. C’est pour éviter que les gens se cassent la gueule à payer trop cher ou qu’ils ne fassent pas les bonnes rénos », affirme Jean-François Tremblay, fondateur de Flip Académie, qui souligne que ses étudiants bénéficient aussi des conseils de fiscalistes, d’avocats, de comptables, d’architectes et d’ingénieurs en structure, entre autres choses.

« Je n’ai pas vraiment besoin de ça pour vivre, je le fais parce que j’aime ça. Ce n’est pas mon revenu principal », ajoute-t-il.

Une communauté

Nadia Roy, qui possède plusieurs immeubles résidentiels et commerciaux, dit dépenser environ 15 000 $ chaque année en formation, principalement auprès d’Immofacile. Mais le rendement de l’investissement en vaut la peine, assure-t-elle. « Juste pour mon chalet locatif, les conseils que j’ai reçus ont permis d’augmenter mes revenus et ça a payé deux ou trois fois ma formation. J’ai trouvé un partenaire dans ce groupe et on a acheté un sixplex ensemble, entre autres », explique celle qui mise beaucoup sur les liens qu’elle crée dans cette communauté.

Ghislain Larochelle, président d’Immofacile, constate que les formations portant sur le chalet locatif et les immeubles multilogements sont particulièrement populaires. Ce sont d’ailleurs des secteurs de l’immobilier très prometteurs, croit-il.

Juste pour mon chalet locatif, les conseils que j’ai reçus ont permis d’augmenter mes revenus et ça a payé deux ou trois fois ma formation.

 

« Lorsqu’il y a plusieurs offres, il faut faire très attention au prix, toujours calculer la rentabilité ou le potentiel de rentabilité de l’immeuble. Il faut se fier aux calculs et non aux émotions, avertit celui qui a acheté 257 adresses l’an dernier. Deuxième chose, il faut bien choisir sa région. »

Jean-François Tremblay estime quant à lui qu’il y a de bonnes occasions de « flip » d’immeubles de logements dans certains secteurs, comme Trois-Rivières et Shawinigan, où les prix sont encore abordables. Selon lui, il y a aussi un potentiel à rénover de grandes maisons de 700 000 $ et plus pour en faire augmenter la valeur, puisque c’est un marché qui est encore peu exploité.

 

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