Normes du travail: Gildan avoue des fautes à son usine du Honduras

Gildan a reconnu hier que des manquements au code de conduite de la Fair Labor Association (FLA) sont survenus à son usine de couture du Honduras. Le fabricant montréalais de t-shirts a également fait ressortir que certaines des observations comprises dans le rapport d'enquête de l'organisme nécessitaient l'application de solutions immédiates. Les correctifs sont en cours, notamment le retour des employés congédiés pour tentative de syndicalisation, mais l'échéancier de fermeture de cette usine demeure.

Dans un communiqué diffusé hier, Vêtements de sport Gildan a précisé qu'elle avait soumis sa réponse à la suite de la vérification effectuée plus tôt cette année par la FLA dans son usine de couture d'El Progreso, condamnée depuis à la fermeture. Rappelant qu'«un bon nombre des actions proposées au FLA ont déjà été mises en place dans l'usine d'El Progreso», l'entreprise montréalaise a reconnu que «certaines des constatations du FLA étaient définitivement plus sérieuses que d'autres et nécessitaient des solutions immédiates».

Rapport d'enquête

La FLA est un organisme voué à la promotion de la conformité des pratiques à des normes internationales de travail et à l'amélioration des conditions de travail. Son rapport d'enquête fait notamment ressortir des cas de harcèlement et de conduite inappropriée pratiquée par un agent du personnel médical de l'usine auprès d'employés féminins, majoritaires dans cette usine. L'Association a également fait état de cas de mauvais traitements aux dépens de femmes enceintes et de manquements à la politique de santé et de sécurité. Elle s'est aussi interrogée sur la rémunération des heures supplémentaires et sur la comptabilisation des vacances accumulées et des autres bénéfices découlant des heures travaillées.

Le rapport d'enquête consacre enfin un chapitre aux entraves au droit d'association observées à l'usine. Accusée de congédiement visant à empêcher la syndicalisation de ses travailleurs, Gildan avait parlé d'«un événement isolé impliquant un petit groupe de travailleurs à l'une de ses usines au Honduras». Du moins, cette réponse avait été présentée en réplique à la décision du Fonds de solidarité de la FTQ, prise en novembre 2003, de se défaire de son placement dans Gildan après que l'institution eut conclu que la liberté d'association avait été bafouée dans cette usine, ce qui avait mené au congédiement arbitraire de quelque 80 employés.

Dans sa réponse à la FLA, Gildan a indiqué qu'elle allait mettre sur pied un comité indépendant ayant pour mandat de fournir aux travailleurs de l'information sur les droits du travail et d'association. L'entreprise s'est également engagée à reprendre à son service, avec compensation, les employés sans dossier disciplinaire qui ont perdu leur travail après octobre 2003 et qui sont identifiés par la FLA comme des partisans de la syndicalisation de l'usine. Puisque cette usine doit fermer ses portes à la fin de septembre, ces employés repris se verront offrir les mêmes conditions de départ que celles proposées aux employés actifs.

Gildan emploie quelque 9300 personnes, dont 1800 à cette usine, maintes fois dénoncée pour ses violations du code du travail en vigueur au Honduras. L'entreprise a réitéré hier que la décision de fermer l'usine d'El Progreso, à la fin de septembre 2004, ne s'appuyait que sur des raisons économiques et opérationnelles. Elle prévoit «utiliser les bases de sa réponse afin de perfectionner ses normes dans ses autres installations de couture de la région», a-t-elle insisté, dans son communiqué.