L'action de Molson perd 5 %

L'action de Molson a perdu plus de 5 % de sa valeur hier après que le chef de la direction de Coors eut tenu des propos qui ont pu faire perdre espoir aux actionnaires de la brasserie montréalaise qui souhaitent une offre concurrente.

La firme de notation de crédit Standard and Poor's a de plus annoncé qu'elle accolait une perspective négative à la dette de Molson, en raison de la faiblesse de ses résultats d'exploitation pour ses activités canadiennes et brésiliennes.

Dans une entrevue accordée au quotidien Globe and Mail, le chef de la direction de la brasserie américaine Adolph Coors, Leo Kiely, a dit que dans le cas où Molson renoncerait au projet de fusion avec Coors pour accepter une offre concurrente, il ne serait plus question de maintenir l'entente de partenariat vieille de six ans qui permet à Molson de brasser, distribuer et vendre la bière Coors Light au Canada.

Aux États-Unis, Coors distribue certaines bières de Molson, mais elle n'en est pas le brasseur. Selon des données datant du mois de mars dernier, 85 % de la bière Molson distribuée aux États-Unis passe par Coors.

Molson détient également une participation de 49,9 % dans la filiale canadienne de Coors, alors que la brasserie américaine possède une participation équivalente dans la filiale américaine de Molson.

«Ce que nous avons dit, et ce, très clairement, est que dans le cas où un investisseur ou un concurrent s'amènerait avec une offre, ils n'obtiendront pas notre marque [de bière]», a dit M. Kiely.

«Nous disposons d'une clause en cas de changement de contrôle et il est hors de question que notre marque soit mêlée à un autre regroupement», a-t-il ajouté.

Selon M. Kiely, la possible annulation du partenariat qui unit Molson et Coors représente un obstacle «immense» pour tout groupe qui souhaiterait déposer une offre concurrente.

Le chef de la direction de Molson, Dan O'Neill, fait pour sa part valoir que l'abandon de ce partenariat ferait perdre au moins 15 % à la valeur boursière de l'entreprise.

L'action de catégorie A de Molson (la plus transigée des deux) a clôturé en baisse de 1,96 $ ou 5,5 %, hier, à 33,30 $. Le titre de catégorie B a perdu 1,90 $, à 33,50 $.

Perspectives à la baisse

D'autre part, la firme Standard and Poor's a révisé à la baisse ses perspectives pour Molson, qui passent ainsi de «stables» à «négatives».

Standard and Poor's justifie sa décision par le fait que Molson continue d'afficher de faibles résultats au Brésil ainsi que par la forte concurrence sur le marché canadien, ce qui se traduit par des baisses du volume des ventes, de la marge bénéficiaire ainsi que des parts de marché.

«Standard and Poor's croit que Molson éprouvera de la difficulté à renverser la tendance en ce qui concerne le déclin du volume de ventes et des parts de marché», précise la firme.

Une fusion entre Molson et Coors ne serait d'ailleurs pas une panacée aux maux qui affligent les deux brasseurs, selon Standard and Poor's.

Bien que la nouvelle entreprise fusionnée bénéficierait d'activités à plus large échelle, d'une diversification de ses marques ainsi que de ses marchés géographiques, souligne Standard and Poor's, «les mêmes défis demeurent dans leurs marchés respectifs, notamment une vive concurrence ainsi qu'une baisse des volumes».

La firme précise d'ailleurs qu'elle a déjà accolé une perspective négative à la dette de Coors.