Après plus de cinq décennies, il n’y a plus de syndicat à la Banque Laurentienne

La présence du syndicat à la Laurentienne remonte à 1967.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La présence du syndicat à la Laurentienne remonte à 1967.

Après plus de cinq décennies, le syndicat est maintenant chose du passé à la Banque Laurentienne. L’accréditation a officiellement été révoquée par le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) puisqu’une entente est intervenue afin de résoudre des griefs qui visaient l’employeur.

Même si les employés représentés par le SEPB-Québec 434, affilié à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), s’étaient prononcés en faveur de la désyndicalisation le mois dernier, le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) devait se pencher sur une plainte de pratique déloyale déposée par la partie syndicale à l’endroit de l’employeur. Si les allégations évoquées par la partie syndicale s’étaient avérées fondées, le tribunal administratif aurait pu invalider la demande de révocation. Les employés demeuraient couverts par l’accréditation entre-temps.

«Les parties ont convenu d’un règlement mutuellement satisfaisant et elles se sont engagées à en préserver la confidentialité», a souligné le SEPB-Québec 434, mercredi, dans une déclaration envoyée par courriel. Le syndicat et la Laurentienne n’ont pas voulu fournir plus de détails à propos des griefs et des négociations. Dans sa décision rendue mercredi, le CCRI n’aborde pas la question des points en litige qui ont été réglés.

Septième banque en importance au pays, la Laurentienne, dont le siège social se trouve à Montréal, était la seule institution financière syndiquée au pays. Elle est dirigée par Rania Llewellyn, qui était auparavant vice-présidente à la Banque Scotia, depuis octobre dernier.

Dans une communication interne envoyée à ses membres, le SEPB-Québec explique avoir décidé de prendre la décision «évidemment très difficile» de «régler les litiges» avec la Laurentienne et de ne pas contester la révocation de l’accréditation. «Depuis plusieurs années, les relations de travail entre votre syndicat et la banque sont tendues, peut-on lire dans la missive signée par la présidente Julie Tancrède. Il nous est difficile de croire que nous pourrions améliorer les relations de travail avec la Banque avec un résultat de vote minoritaire.»

La présence du syndicat à la Laurentienne remonte à 1967.

Au terme d’un vote qui avait pris fin le 19 mars dernier, les membres du SEPB-Québec avaient appuyé l’option de la désyndicalisation dans une proportion de 56,6 %. Le scrutin avait obtenu un taux de participation d’environ 91 %.

C’était la deuxième fois en trois ans qu’ils étaient appelés à se prononcer sur la question du maintien de l’accréditation.

Les quelque 600 syndiqués, qui représentaient environ 20 % de l’effectif total de la banque, se trouvaient essentiellement au Québec. On en recensait environ 2000 en 2015, avant le déploiement du plan de transformation qui s’est notamment soldé par des fermetures et des fusions de succursales ainsi que par l’élimination de services au comptoir.

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