La crise sanitaire continue à engraisser les profits de Metro

«Nous avons affiché de très solides résultats dans ce qui ne peut-être décrit que comme un environnement difficile», a expliqué le président et chef de la direction de Metro, Eric La Flèche.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir «Nous avons affiché de très solides résultats dans ce qui ne peut-être décrit que comme un environnement difficile», a expliqué le président et chef de la direction de Metro, Eric La Flèche.

Le resserrement des règles sanitaires en raison de la pandémie de COVID-19 a continué d’alimenter la consommation de repas à domicile, ce qui a engraissé les résultats de Metro au deuxième trimestre, où l’épicier a également constaté une augmentation de l’activité promotionnelle.

Ce contexte a permis à l’entreprise de livrer des résultats au-delà des attentes des analystes au cours de la période terminée le 13 mars. La chaîne d’alimentation a généré des profits nets de 188,1 millions, ou 75 cents par action, en hausse de 6,8 % par rapport à il y a un an. Ses revenus ont été de 4,2 milliards, en progression de 5 %.

«Nous avons affiché de très solides résultats dans ce qui ne peut-être décrit que comme un environnement difficile», a expliqué le président et chef de la direction de Metro, Eric La Flèche, mercredi, dans le cadre d’une conférence téléphonique avec les analystes.

Puisque les consommateurs continuent à privilégier le même endroit pour effectuer leurs emplettes afin de limiter leurs déplacements, le nombre de transactions a décliné. Cela a toutefois été contrebalancé par un panier d’épicerie plus rempli à chacun des arrêts.

L’activité promotionnelle, qui n’a pas encore renoué avec son niveau prépandémique, commence à être plus vigoureuse, a souligné M. La Flèche aux analystes. «Dans un marché très concurrentiel où il y a une augmentation des promotions, nous sommes convaincus d’être en mesure de gérer cela», a affirmé le grand patron de Metro, en soulignant que des paniers plus garnis contenaient moins d’articles qui font l’objet de promotions.

Au deuxième trimestre, Metro a engagé des dépenses de 29 millions liées à la COVID-19, dont 8 millions pour des cartes cadeaux offertes à ses employés de première ligne. D’autres cartes cadeaux seront offertes en mai. M. La Flèche a affirmé que ce geste avait été apprécié des employés qui, dans la plupart des cas, n’ont pas mis de temps à les utiliser.

Toutefois, dans un communiqué publié mercredi, le syndicat Unifor, qui représente bon nombre de salariés de l’épicier en Ontario, a critiqué le programme des cartes cadeaux en exhortant des enseignes comme Metro et Les Compagnies Loblaw à offrir de nouveau des primes horaires en espèces.

Le son de cloche a toutefois été différent du côté du syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), qui représente environ 11 000 travailleurs dans 193 Metro et Super C. «Ce que nous avons toujours demandé aux employeurs, c’est une compensation monétaire, a dit la porte-parole Roxanne Larouche. Sur (une prime horaire en argent), on finit par payer de l’impôt et jusqu’à un certain point, les cartes cadeaux peuvent présenter certains avantages.»

Dans l’ensemble, les ventes des magasins d’alimentation ouverts depuis au moins un an — un indicateur clé dans le secteur du commerce de détail — ont augmenté de 5,5 % au deuxième trimestre. Du côté des pharmacies, un déclin de 0,8 % a toutefois été observé. Les ventes en ligne ont pour leur part affiché une croissance de 240 %, un signe que la crise sanitaire a incité plusieurs consommateurs à se tourner vers cette option.

Les restrictions sur la vente de produits non essentiels au Québec, combinées à une saison du rhume et de la grippe beaucoup plus douce, ont eu un impact négatif sur les sections commerciales des pharmacies.

«Sans surprise, la performance (du trimestre) provient des ventes de nourriture et des marges meilleures que prévu en raison des restrictions sanitaires, ce qui a été partiellement contrebalancé par des dépenses d’exploitation plus élevée que ce qui était anticipé», a estimé l’analyste Chris Li, de Desjardins Marchés des capitaux.

En dépit de la pandémie, Metro a l’intention de continuer à miser sur l’automatisation en plus de déployer des initiatives technologiques, notamment en continuant d’ajouter des caisses en libre-service et des tablettes numériques dans ses magasins. À l’heure actuelle, le réseau de la chaîne compte 260 supermarchés équipés de caisses en libre-service et prévoit offrir cette option dans 90 autres établissements d’ici la fin de l’exercice.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le profit ajusté de Metro s’est élevé à 78 cents au deuxième trimestre, par rapport à 72 cents il y a un an. Les analystes anticipaient un bénéfice ajusté de 76 cents par action sur des revenus de 4,15 milliards, selon la firme de données financières Refinitiv.

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