Le Mila et Intel veulent accélérer la recherche médicale grâce à l’IA

Des chercheurs de la multinationale californienne et du Mila tenteront de mettre au point des outils d’intelligence artificielle (IA) permettant de déterminer plus rapidement comment se comportent certaines molécules lorsqu’elles sont confrontées à un virus ou à une bactérie.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Des chercheurs de la multinationale californienne et du Mila tenteront de mettre au point des outils d’intelligence artificielle (IA) permettant de déterminer plus rapidement comment se comportent certaines molécules lorsqu’elles sont confrontées à un virus ou à une bactérie.

Un projet destiné à lutter contre la COVID-19 du Mila, ce centre de recherche spécialisé en intelligence artificielle (IA), a attiré l’attention d’Intel, qui annoncera mercredi un partenariat avec le centre montréalais d’intelligence artificielle afin d’étendre la portée de ce projet au-delà du coronavirus.

Le Mila a un nouveau partenaire d’envergure. Intel annonce un investissement d’une valeur non divulguée pour devenir partenaire industriel du centre fondé par le chercheur Yoshua Bengio, de l’Université de Montréal.

Dans le cadre de cette nouvelle alliance, des chercheurs de la multinationale californienne et du Mila tenteront de mettre au point des outils d’intelligence artificielle (IA) permettant de déterminer plus rapidement comment se comportent certaines molécules lorsqu’elles sont confrontées à un virus ou à une bactérie. Concrètement, les deux partenaires pensent pouvoir accélérer la création de nouveaux vaccins et de médicaments pouvant soigner plus efficacement des maladies de toute sorte.

Grâce à la technologie de l’IA, les chercheurs peuvent effectuer plusieurs dizaines de simulations en même temps et ainsi plus rapidement déterminer les divers effets de certaines molécules sur un organisme et sur l’évolution d’une maladie ou d’un virus. Intel fournira l’expertise derrière cette méthode de simulation en parallèle, tandis que le Mila s’occupera de la recherche liée aux données médicales et aux algorithmes.

Grâce à ce partenariat, Intel espère aussi faciliter son recrutement d’experts en informatique et en IA, en participant aux différentes activités de réseautage du centre de recherche montréalais.

Conformément aux pratiques dans ce domaine, les fruits de la recherche issue de ce partenariat seront partagés avec les autres chercheurs en IA et en sciences de la santé. « C’est donc dire que tout le secteur de la recherche en technologie et en médecine, à Montréal et ailleurs, pourra bénéficier de notre travail, et pas seulement une poignée de grandes entreprises », affirme en entrevue avec Le Devoir Denis Gaudreault, directeur général d’Intel au Canada.

Un tremplin en IA pour Intel

Le projet de recherche en santé annoncé aujourd’hui n’est que le premier d’une série qu’Intel souhaite lancer à Montréal. L’entreprise américaine, qui compte quelque 800 employés au Canada, cherche à se diversifier au-delà de la fabrication de puces informatiques pour profiter d’une importante vague de croissance anticipée de la demande mondiale pour les appareils informatiques. Le virage numérique emprunté par plusieurs industries ces derniers mois entraîne déjà des pénuries de composants informatiques à l’échelle mondiale.

« La valeur de notre marché va passer en quelques années de 50 milliards à 300 milliards de dollars. Nous voyons des applications en santé, dans le secteur manufacturier, dans le transport et dans la sécurité. L’IA a un rôle à très important à jouer dans ce virage », explique M. Gaudreault.

En raison de sa forte concentration de chercheurs universitaires spécialisés dans les différentes formes d’IA, Montréal est un pôle de calibre international qui peut aider Intel à se positionner avantageusement dans ces différents secteurs, selon lui. « Montréal est une plaque tournante. Nous avions très hâte d’avoir une présence ici dans la recherche en IA. »

Du côté du Mila, ce partenariat avec une société ayant une présence internationale offre une nouvelle occasion de rayonner au-delà des frontières de la métropole. « C’est une occasion de démocratiser l’IA et d’accélérer la création de solutions ouvertes (open source) comme celles développées au sein du Mila », explique Stéphane Létourneau, vice-président du centre de recherche montréalais.

C’est une occasion de démocratiser l’IA et d’accélérer la création de solutions ouvertes (open source) comme celles développées au sein du Mila.