Cogeco espère qu’Ottawa changera les règles

Le président et chef de la direction de Cogeco, Philippe Jetté. 
Photo: La Presse canadienne Le président et chef de la direction de Cogeco, Philippe Jetté. 

Toujours dans l’attente, Cogeco espère qu’Ottawa changera les règles du jeu dans la téléphonie mobile en acceptant le modèle qu’elle propose depuis des années afin d’effectuer une percée dans ce secteur et venir accroître la concurrence.

Alors que la transaction proposée entre Rogers et Shaw soulève des inquiétudes quant à la concurrence dans l’industrie du sans-fil, le président et chef de la direction de l’entreprise québécoise, Philippe Jetté, estime que cela démontre que le gouvernement fédéral doit agir. « En ce sens, Cogeco a proposé une solution équilibrée », a-t-il fait valoir, mercredi, dans le cadre d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du deuxième trimestre de la société et de sa principale filiale.

La sortie effectuée par M. Jetté est survenue à la veille d’une annonce du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) prévue jeudi après-midi.

Au Canada, la société mère de Cogeco Communications, qui offre des services de téléphonie, de câblodistribution et d’Internet des deux côtés de la frontière, souhaite déployer un modèle « hybride » dans lequel elle investirait dans des infrastructures dans certaines régions en plus de louer l’accès au réseau des principaux joueurs — Bell, Rogers et Telus. Cogeco pourrait ainsi détenir des licences de spectre et, dans certains marchés, être un petit opérateur n’ayant pas son propre réseau (les exploitants de réseau mobile virtuel, également connu sous le sigle ERMV). « Ce modèle a déjà reçu le soutien de plus de 300 communautés en Ontario et au Québec », a fait valoir M. Jetté.

Enjeu crucial

Interrogé par les analystes, le grand patron de l’entreprise établie à Montréal n’a pas voulu s’avancer sur la décision du CRTC. Il a également refusé de spéculer sur la stratégie de la société à l’égard de la téléphonie mobile si les annonces sont défavorables.

Pour Jérôme Dubreuil, de Desjardins Marchés des capitaux, l’enjeu est crucial pour la principale filiale de Cogeco. « Une décision défavorable [à Cogeco Communications] du CRTC signifierait qu’il serait difficile pour l’entreprise de lancer un service de téléphonie mobile affichant une rentabilité jugée raisonnable », a écrit l’analyste, dans une note envoyée à ses clients.

Dans sa mouture actuelle, l’entente entre Rogers et Shaw prévoit non seulement le regroupement des deux plus importants acteurs dans le secteur de la câblodistribution, mais également du numéro un et du quatrième joueur dans la téléphonie mobile. Propriété de Shaw, Freedom Mobile représente le quatrième concurrent dans certains marchés aux côtés des principaux acteurs. M. Jetté s’est limité à dire que la transaction serait assurément scrutée à la loupe par les autorités réglementaires.

Profits en baisse

Quant à sa performance au deuxième trimestre, Cogeco a engrangé un bénéfice net de 110,2 millions, ou 2,11 $ par action, en recul de 2,8 % par rapport à il y a un an en raison d’une augmentation des charges financières et fiscales, ce qui a contrebalancé la hausse des revenus enregistrée par sa principale filiale. Pour la période de trois mois ayant pris fin le 28 février, l’entreprise a vu ses revenus faire un bond d’environ 7 %, à 653,2 millions, une augmentation essentiellement attribuable à la progression de ses activités du secteur des télécommunications.

De son côté, Cogeco Communications a généré un chiffre d’affaires de 634,5 millions au deuxième trimestre, en hausse de 8,2 % par rapport à la même période il y a un an. La contribution de DERYTelecom, une acquisition dont la clôture a eu lieu en décembre dernier, explique en partie l’augmentation des recettes.

Les profits nets de Cogeco Communications ont été de 110,6 millions, ou 2,14 $ par action, en déclin de 3 % comparativement au deuxième trimestre de l’exercice précédent.

  

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