Des entrepreneurs pressent Trudeau d’intervenir dans le conflit au port de Montréal

Le syndicat des 1150 débardeurs du port de Montréal a annoncé dimanche qu’il amorcerait un débrayage partiel, après que l’Association des employeurs maritimes eut annoncé qu’elle allait mettre fin à certaines conditions de rémunération des débardeurs.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le syndicat des 1150 débardeurs du port de Montréal a annoncé dimanche qu’il amorcerait un débrayage partiel, après que l’Association des employeurs maritimes eut annoncé qu’elle allait mettre fin à certaines conditions de rémunération des débardeurs.

Six associations patronales du Québec se sont unies mardi pour demander l’intervention du premier ministre Justin Trudeau dans le conflit au port de Montréal, quitte à adopter une loi spéciale.

Le Conseil du patronat du Québec, la Fédération des chambres de commerce du Québec, les Manufacturiers et exportateurs du Québec, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, l’Association du camionnage et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain ont rencontré la presse ensemble pour demander cette intervention au plus haut lieu.

Le syndicat des 1150 débardeurs du port de Montréal a annoncé dimanche qu’il amorcerait un débrayage partiel, après que l’Association des employeurs maritimes eut annoncé qu’elle allait mettre fin à certaines conditions de rémunération des débardeurs.

Le syndicat a annoncé, pour l’essentiel, une grève des heures supplémentaires et, à compter de samedi, la cessation des activités de samedi matin à lundi matin.

« On se retrouve aujourd’hui devant un dérapage. C’est une décision irresponsable, qui est inacceptable. Un port, ça ne peut pas travailler à temps partiel. Les bateaux, les navires, ça arrive quand ça arrive ; ça doit se décharger rapidement ; ça fait partie d’une chaîne logistique », s’est exclamé le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc.

Loi spéciale

Les six associations patronales demandent donc l’intervention du premier ministre du Canada lui-même, puisqu’il est question de relance économique et pas seulement d’un conflit de travail, selon elles. Et cela pourra passer par une loi spéciale, arguent-elles.

« D’un côté, on a le gouvernement fédéral qui investit des milliards de dollars pour assurer la relance et la reprise des activités et, de l’autre côté, on a le gouvernement fédéral qui tolère une grève partielle et un ralentissement des activités au port de Montréal. Donc, il y a vraiment une incohérence pour nous », a lancé à son tour Véronique Proulx, présidente-directrice générale des Manufacturiers et exportateurs du Québec.

À ce jour, la ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi, a dit faire confiance aux parties pour en arriver à une entente sur le renouvellement de la convention collective. Trois médiateurs ont même été affectés au dossier par le fédéral.

Il faut dire qu’adopter une loi spéciale pour mettre fin à une grève est devenu particulièrement difficile depuis que la Cour suprême du Canada a prononcé l’arrêt Saskatchewan en 2015. Par cet arrêt, la Cour suprême a affirmé que le droit de grève jouissait d’une protection constitutionnelle et que la grève permettait de rééquilibrer les forces entre les parties patronale et syndicale.

Le conflit au port traîne en longueur. Le premier vote de grève date de décembre 2018 et il a dû être repris à plusieurs occasions depuis, vu les délais écoulés. Après l’exercice de la grève, en août dernier, une trêve de sept mois avait été conclue pour tenter d’en arriver à une entente. Une offre finale de l’Association des employeurs maritimes a été rejetée à la quasi-unanimité par les débardeurs.

Les hostilités ont repris la fin de semaine dernière lorsque l’Association des employeurs maritimes a pris la décision de réduire les conditions de rémunération des débardeurs et qu’en riposte, leur syndicat a envoyé à celle-ci un avis de grève partielle.

La principale question en litige est celle des horaires de travail, de la conciliation travail-famille.

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