Première commande d’A220 depuis plus d’un an

Les dernières annonces de commandes fermes d’avions commerciaux pour l’A220 d’Airbus remontent à janvier 2020.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les dernières annonces de commandes fermes d’avions commerciaux pour l’A220 d’Airbus remontent à janvier 2020.

L’industrie aérienne continue d’être durement secouée par la pandémie de COVID-19, mais le ciel semble s’éclaircir lentement pour l’A220 d’Airbus, qui vient de décrocher sa première commande ferme d’avions commerciaux en plus d’un an.

Inscrit en date du 25 mars, le contrat pour 20 A220-300, le plus grand appareil de la famille, qui peut transporter entre 120 et 150 passagers, figure dans le rapport mensuel de commandes et de livraisons diffusé jeudi par l’avionneur européen — qui a enregistré un grand total de 28 commandes le mois dernier.

« Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais c’est un signe encourageant, a laissé tomber le président-directeur général d’Airbus Canada, Philippe Balducchi, au cours d’un entretien par visioconférence. Nous sommes quand même au milieu de la crise. Mais on commence à avoir des discussions [avec des clients potentiels] qui démontrent de l’intérêt. » Dans un contexte où bon nombre de compagnies aériennes sont dans des « situations particulières », il est toutefois difficile de s’avancer sur la possibilité de voir les pourparlers se concrétiser, a-t-il pris soin d’ajouter.

Le nom du client derrière cette nouvelle commande n’a pas été dévoilé. Il est donc impossible, pour le moment, de savoir si l’assemblage des appareils s’effectuera à Mirabel, dans les Laurentides, où à Mobile, en Alabama, qui dessert les clients américains de l’ex-C Series de Bombardier. Selon les prix catalogues de 2018 — l’entreprise ne divulgue plus ces informations — la valeur de la commande des 20 A220-300 serait de 1,8 milliard $US, mais les compagnies aériennes bénéficient souvent de généreux rabais.

Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais c’est un signe encourageant.

 

Les dernières annonces de commandes fermes d’avions commerciaux pour l’A220 d’Airbus remontent à janvier 2020. Air Lease Corporation avait confirmé l’achat de 50 appareils et Air Senegal avait fait de même pour huit avions. Dans les deux cas, les lettres d’intention avaient été annoncées l’année précédente.

En octobre dernier, toutefois, Airbus avait vendu six appareils de la configuration jets d’affaires de l’A220.

Le mois dernier, le géant européen a livré quatre A220-300 à Delta Air Lines, Air Canada, China Eastern Airlines et Tibet Airlines. Depuis le début de l’année, neuf appareils ont été remis à des clients.

En croissance

Si la crise sanitaire a eu pour effet de faire reculer le programme — détenu à 25 % par l’État québécois — d’environ deux ans, cela n’a pas empêché le géant européen de continuer à investir à Mirabel. C’est dans la partie de l’usine où Bombardier assemblait autrefois ses jets régionaux CRJ qu’Airbus installera sa chaîne de préassemblage, dont le démarrage est prévu en 2022.

« Ce n’est pas facile à faire dans cette période difficile, a dit M. Balducchi. Nous sommes convaincus qu’il faut le faire lorsque la montée en cadence de la production se matérialisera. C’est un élément majeur pour réduire les coûts. » Trois appareils sont mensuellement produits à Mirabel et la cadence devrait augmenter cette année.

Selon l’Association du transport aérien international (IATA), qui représente 290 compagnies aériennes à travers le monde, les transporteurs devraient perdre entre 75 milliards et 95 milliards $US cette année en dépit des espoirs suscités par la vaccination massive.

Pour M. Balducchi, la reprise est inégale dans le monde, mais il estime que l’A220 est bien positionné pour tirer son épingle du jeu. « Le taux de fonctionnement des appareils est de presque 100 %, a-t-il dit. L’avion résiste très bien à la crise. Ce sont les liaisons régionales qui risquent d’être relancées en priorité. Les avions monocouloirs vont probablement partir d’abord. L’A220 est bien positionné. On a un avion qui offre de très bonnes performances économiques. »

En février, dans le cadre d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats annuels, la haute direction d’Airbus avait indiqué que l’objectif de rentabilité pour l’A220 avait été reporté d’un an, soit à 2026. Il faudra encore injecter plusieurs centaines de millions de dollars dans le programme, selon l’avionneur.

 
1,8 milliard
C’est la valeur estimée, en dollars américains, de la commande des 20 appareils A220-300. Les compagnies aériennes bénéficient néanmoins souvent de généreux rabais.

À voir en vidéo