La Banque Laurentienne défend la rémunération des hauts dirigeants

Le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires a profité de l’assemblée annuelle des actionnaires, qui s’est déroulée mardi, pour inviter les porteurs de titres à voter contre la politique en vigueur.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires a profité de l’assemblée annuelle des actionnaires, qui s’est déroulée mardi, pour inviter les porteurs de titres à voter contre la politique en vigueur.

La Banque Laurentienne a défendu ses pratiques de rémunération après avoir engagé près de 6 millions l’an dernier à la suite des changements survenus à sa tête et qui ont mené au départ de son ancien président et chef de la direction et à l’arrivée de sa remplaçante.

Estimant que les émoluments étaient « très élevés », le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires a profité de l’assemblée annuelle des actionnaires, qui s’est déroulée mardi essentiellement en anglais et de manière virtuelle, pour inviter les porteurs de titres à voter contre la politique en vigueur. Le résultat du scrutin consultatif à propos de l’approche de la banque en matière de rémunération n’avait pas été divulgué dans l’immédiat.

Rania Llewellyn, qui est arrivée aux commandes le 30 octobre dernier, tout juste avant la fin de l’exercice financier, avait eu droit à une prime à l’embauche en espèces de 700 000 $, à des attributions fondées sur des actions de 1,55 million ainsi qu’à des options sur des titres évaluées à 750 000 $. La paye globale de celle qui réside à Toronto a totalisé environ 3 millions en 2020.

Le président du conseil d’administration, Michael Muller, a répondu que « nous estimons […] que le bon processus a été suivi et que la bonne [politique] de rémunération est en place ».

L’ex-grand patron François Desjardins, qui s’était retiré de ses fonctions en juin dernier dans ce qui avait été présenté comme un départ à la retraite même s’il n’était âgé que de 49 ans, avait quant à lui eu droit à une indemnité de départ totalisant 1,7 million, en plus d’une bonification de 1,3 million de la valeur de son régime de retraite.

Nous estimons […] que le bon processus a été suivi et que la bonne [politique] de rémunération est en place.

Les dernières années ont été mouvementées à la Laurentienne dans la foulée du plan de transformation déployé par M. Desjardins, qui s’est traduit par la fermeture et la fusion de succursales, l’élimination de services au comptoir au profit d’un virage vers le conseil financier et les services numériques, ainsi que des relations de travail houleuses avec le syndicat.

Mme Llewellyn n’a pas commenté le résultat du vote qui s’est terminé le mois dernier et au terme duquel les quelque 600 syndiqués de la Laurentienne — qui se trouvent essentiellement au Québec — ont voté pour la révocation de leur accréditation syndicale dans une proportion de 56,6 %. Les employés couverts par l’accréditation demeureront toutefois syndiqués en raison d’une plainte pour pratique déloyale déposée en janvier auprès du Conseil canadien des relations industrielles, qui a déterminé que ces allégations sont sérieuses et méritent un examen approfondi.

 

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