La croissance mondiale dopée par les États-Unis et la relance de la vaccination

Les États-Unis sont même «la seule grande économie» dont le PIB 2022 va dépasser la prévision qui avait été faite avant la pandémie, souligne le FMI.
Photo: Justin Sullivan Getty Images / Agence France-Presse Les États-Unis sont même «la seule grande économie» dont le PIB 2022 va dépasser la prévision qui avait été faite avant la pandémie, souligne le FMI.

La récession 2020 avait été historique. L’économie mondiale se remet désormais plus vite que prévu de la pandémie, stimulée par la robuste croissance américaine et relancée par la vaccination, a annoncé mardi le FMI, qui s’inquiète toutefois d’une reprise « à plusieurs vitesses ».

« Malgré la grande incertitude sur l’évolution de la pandémie, on discerne de plus en plus la sortie de cette crise sanitaire et économique », a estimé Gita Gopinath, l’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI).

L’institution de Washington, qui a publié mardi ses dernières prévisions mondiales à l’occasion de ses réunions de printemps, table à présent sur une croissance du PIB mondial de 6 % cette année (+ 0,5 point comparé à sa projection de janvier), et de 4,4 % l’an prochain (+ 0,2 point).

6%
C’est la croissance estimée du PIB mondial en 2021, selon les dernières prévisions du FMI, dévoilées mardi.

Preuve de la reprise, le volume d’échanges de biens et services dans le monde va rebondir de 8,4 % cette année.

Du côté des États-Unis, qui ont récemment adopté un plan d’aide de 1900 milliards de dollars, les projections de croissance pour 2021 et pour 2022 s’établissent respectivement à 6,4 % (+1,3 point) et 3,5 % (+1 point). La première économie du monde reprend de la vigueur grâce à une campagne de vaccination accélérée — plus de 3 millions de doses injectées par jour — ce qui a permis d’assouplir les restrictions dans les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie et du tourisme.

Les États-Unis sont même « la seule grande économie » dont le PIB 2022 va dépasser la prévision qui avait été faite avant la pandémie, souligne le FMI. De plus, la croissance américaine pourrait s’avérer encore plus forte si le gouvernement Biden parvenait à faire voter au Congrès son plan d’investissements de plus de 2000 milliards de dollars dans les infrastructures.

Le Canada suit

Le Canada va suivre au sommet des pays développés avec une poussée de 5 % de son PIB en 2021 et de 4,7 % en 2022, contre une contraction de 5,4 % en 2019. Le PIB canadien devrait toutefois revenir à son niveau prépandémie en 2022.

Si tous les regards sont tournés vers la pandémie, il est essentiel de faire des progrès en matière de résolution des tensions commerciales et technologiques

Si le FMI se félicite des retombées positives de la croissance américaine dans le monde, il fait aussi le constat d’une reprise « à plusieurs vitesses » avec de « nombreux pays » qui ne reviendront pas à leur niveau d’avant la pandémie avant 2023, quand la Chine a déjà retrouvé le sien dès 2020.

Au sein même des pays avancés, l’écart se creuse avec des pays de la zone euro à la traîne : la croissance devrait atteindre 4,4 % cette année, un rythme insuffisant pour effacer la contraction de 6,6 % enregistrée l’an passé. C’est que sur le Vieux Continent, la campagne de vaccination a pris du retard. La France, dont la croissance devrait atteindre 5,8 % après une baisse du PIB de 8,2 %, a même dû se résoudre à reconfiner sa population et à fermer ses écoles.

Ailleurs dans le monde, la Chine et l’Inde vont enregistrer des bonds de leur PIB supérieurs à la moyenne mondiale (+8,4 % et +12,5 % respectivement), mais la zone Amérique latine et Caraïbes va s’accroître de seulement 4,6 % après -7 % en 2020.

Ce sont les pays émergents et les pays à bas revenus qui devraient souffrir encore longtemps en raison de ressources budgétaires limitées et d’une vaccination poussive.

Le FMI reconnaît qu’un « grand degré d’incertitude » entoure ses projections, qui pourraient ainsi être meilleures si la vaccination s’accélérait partout dans le monde, ou au contraire, être moins bonnes si la pandémie venait à se prolonger en raison de l’apparition de variants du nouveau coronavirus. Avec une reprise économique désynchronisée à travers le monde, une remontée brutale des taux d’intérêt, en particulier aux États-Unis, fragiliserait encore un peu plus les pays émergents qui seraient confrontés à l’augmentation du coût de leur dette.

Avec Le Devoir

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