L’action de Transat plonge

Transat explorerait désormais des solutions de rechange, après l’abandon du projet de fusion avec Air Canada.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Transat explorerait désormais des solutions de rechange, après l’abandon du projet de fusion avec Air Canada.

L’action de Transat AT a retraité lundi de 14,6 %, au premier jour de négociation après que le projet de fusion avec Air Canada a été abandonné en raison de la réticence de l’Europe à approuver l’accord.

Le titre de Transat avait entamé la séance de lundi en plongeant de 22,6 %, jusqu’à 4,25 $, avant de prendre un peu de mieux et de clôturer à 4,69 $, en baisse de 80 ¢, à la Bourse de Toronto.

Pendant ce temps, les actions d’Air Canada ont pris 65 ¢, soit 2,5 %, pour clôturer à 27,10 $ sur le parquet torontois.

La plus grande ligne aérienne du Canada a annoncé vendredi, alors que les marchés étaient fermés pour le congé du Vendredi saint, que son offre de 190 millions pour acquérir Transat avait été résiliée.

L’analyste Walter Spracklin, de RBC Dominion valeurs mobilières, a estimé que, s’il s’attendait à ce qu’Air Canada apporte des changements pour obtenir les approbations requises de la Commission européenne, il ne croyait pas pour autant qu’il était dans l’intérêt fondamental de la compagnie aérienne de proposer un « ensemble de solutions non rentables qui pourrait compromettre sa capacité future à être concurrentielle à l’échelle internationale ».

Il a ajouté que les frais de résiliation de 12,5 millions n’étaient pas significatifs puisqu’ils représentaient moins de 1 % de sa combustion de trésorerie pour 2021, évaluée à 3,8 milliards. « En fin de compte, nous considérons la résiliation de l’acquisition comme ayant peu d’impact fondamental sur Air Canada, car les avantages concurrentiels futurs perdus dans les voyages internationaux et d’agrément sont contrebalancés par les économies de trésorerie immédiates, ce qui devrait aider les liquidités d’Air Canada à court terme », a-t-il écrit dans un rapport.

En outre, Air Canada a renoncé à ses droits sur une somme de 10 millions de dollars qu’elle aurait pu obtenir si Transat devait conclure une autre transaction dans les 12 prochains mois.

L’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, a indiqué que Transat explorerait désormais des solutions de rechange, notamment l’offre précédemment annoncée de 5 $ l’action de Pierre Karl Péladeau et le plan d’affaires autonome de Transat.

« WestJet pourrait être un autre concurrent approprié étant donné que les activités des deux sociétés sont complémentaires ; un tel accord prendrait du temps à finaliser, même s’il présentait moins de problèmes antitrust] que dans le cas d’Air Canada], à notre avis », a-t-il écrit.

De son côté, WestJet Airlines a déclaré qu’elle n’était pas intéressée par l’acquisition de sa rivale.

« Depuis plus de 25 ans, WestJet défend une concurrence loyale et saine et nous applaudissons au travail des autorités réglementaires européennes au sujet de cette proposition de transaction », a écrit une porte-parole de la ligne aérienne de Calgary dans un courriel.

« Nous avons précédemment décrit les effets négatifs que cette transaction aurait sur la concurrence, le choix des consommateurs et les tarifs aériens, et nous restons concentrés sur la contribution au rétablissement du Canada après la COVID-19. »

M. Poirier a dit s’attendre à ce que Transat agisse rapidement pour se positionner en vue de la reprise future de l’industrie du transport aérien. Il doit d’abord obtenir un financement à long terme.

La plupart des analystes du secteur n’avaient inclus aucun impact de la transaction dans leurs prévisions étant donné l’incertitude de la conclusion de la transaction et les conditions qui auraient pu être imposées.

« Bien que nous considérions la transaction comme une occasion supplémentaire pour les entreprises fusionnées, étant donné les problèmes entourant le processus, nous estimons qu’il est positif qu’Air Canada puisse maintenant aller de l’avant avec moins d’incertitude quant à son positionnement pour une reprise post-COVID du trafic dans la seconde moitié de 2021 », a affirmé Chris Murray, d’ATB Capital Markets.

D’autres sociétés de capital-investissement pourraient être intéressées par une acquisition de Transat, mais M. Murray a souligné que toute transaction pourrait faire l’objet d’un long examen réglementaire et de pressions politiques étant donné qu’elle est établie au Québec.