Les créations d’emplois sont à la hausse aux États-Unis

Ce sont les secteurs des loisirs, de l’hôtellerie et de la restauration qui surtout ont dynamisé l’emploi (+280 000), selon un rapport du département américain du Travail.
Photo: Justin Sullivan Getty Images/AFP Ce sont les secteurs des loisirs, de l’hôtellerie et de la restauration qui surtout ont dynamisé l’emploi (+280 000), selon un rapport du département américain du Travail.

La création d’emplois aux États-Unis a connu en mars son rythme le plus élevé en sept mois grâce à la vaccination massive, qui a permis un assouplissement des mesures de restrictions et une reprise accélérée du marché du travail.

Pas moins de 916 000 emplois ont été créés le mois dernier, un nombre qui a dépassé le consensus des analystes (627 000 nouveaux emplois) et qui s’est même approché des estimations les plus optimistes (un million). Ce sont les secteurs des loisirs, de l’hôtellerie et de la restauration qui surtout ont dynamisé l’emploi (+280 000), selon un rapport du département américain du Travail. Ceux-là mêmes qui ont été terrassés il y a un an par la pandémie.

Fait à noter : ces données de mars ont été recueillies avant que la plupart des États n’élargissent l’accès aux vaccins contre la COVID-19 et avant que bon nombre de citoyens ne commencent à recevoir des chèques de 1400 dollars du gouvernement fédéral dans le cadre du dernier plan d’aide de 1900 milliards. La croissance de l’emploi devrait donc être encore plus rapide en avril. Le département du Travail a aussi révisé à la hausse ses données pour janvier et février.

En mars, le taux de chômage est quant à lui tombé à 6 %, contre 6,2 %. S’il a « considérablement baissé par rapport au sommet atteint en avril 2020 [près de 15 %] », il est toutefois « supérieur de 2,5 points de pourcentage à son niveau d’avant la pandémie, en février 2020 », a relevé le département. Et le nombre d’emplois est toujours inférieur de 8,4 millions à celui du pic observé avant la pandémie. Le marché du travail aura ainsi encore besoin de plusieurs mois de forte croissance pour se rapprocher de son niveau prépandémique.

Mais la baisse du chômage est à interpréter avec prudence, car ce taux ne tient pas compte des millions de personnes ayant quitté leur emploi en raison notamment de la fermeture des écoles.

Reprise inégale

Le plus grand risque pour l’économie américaine reste la pandémie elle-même. Les cas de COVID-19 augmentent à nouveau dans une partie du pays, alors que de nombreux États ont assoupli les restrictions avec l’ouverture des restaurants, des salles de cinéma, des salles de gym et des spas, par exemple. Le pays enregistre encore en moyenne 62 000 cas par jour.

Mais nombre d’économistes ne s’attendent pas à un nouveau ralentissement de l’emploi comme cela a été le cas à l’automne. Car la campagne de vaccination bat son plein : plus de 2,5 millions de doses de vaccins sont injectées quotidiennement.

Avec plus d’Américains vaccinés, l’activité du pays retrouve de la vitalité. Le secteur du voyage montre des signes de reprise grâce aux touristes nationaux, en attendant les visiteurs internationaux.

La reprise reste toutefois inégale entre les communautés. Le rapport sur l’emploi publié vendredi montre ainsi que le taux de chômage des personnes noires a peu évolué, à 9,6 % contre 5,4 % pour les Blancs. Le salaire horaire moyen a par ailleurs diminué, reflétant l’embauche de travailleurs à bas salaires.

Le président, Joe Biden, a promis la création de millions d’emplois « bien rémunérés » et dans des secteurs d’avenir. Il a annoncé cette semaine un plan d’investissements massifs dans les infrastructures de plus de 2000 milliards de dollars sur huit ans. Ce projet va être âprement débattu au Congrès, étant donné l’opposition des républicains et d’une frange des démocrates.

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