Hélicoptères: 955 millions en retombées pour le Québec

Le contrat d'hélicoptères accordé à Sikorsky, tel qu'annoncé par le ministre de la Défense hier, devrait signifier des retombées d'environ 955 millions de dollars au Québec et peut-être un peu plus, selon les dires d'un porte-parole de l'entreprise, Lloyd Noseworthy. Les annonces d'hier ont été faites à partir d'engagements qui touchent 75 % de tous les contrats qui devront être accordés dans le cadre du programme. Il reste donc de la place pour aller chercher un peu plus de retombées.

C'est sans doute cette ouverture qui explique la déclaration faite, à la suite de l'annonce fédérale, par le ministre québécois du Développement économique et régional et de la Recherche, Michel Audet: «Il y aura assurément des répercussions intéressantes pour l'industrie aérospatiale québécoise, particulièrement nos PME, mais nous allons déployer tous les efforts nécessaires afin de nous assurer que les entreprises québécoises en bénéficient au maximum».

Le communiqué émis par le ministre précise cependant que M. Audet se dit «à la fois optimiste et prudent quant aux retombées économiques pour le Québec». À l'Association québécoise de l'aérospatiale, dont plusieurs représentants se trouvaient également au Salon de Farnborough, on n'était pas en mesure hier d'évaluer les retombées de ce contrat, si ce n'est de constater que celles-ci auraient été plus importantes pour le Québec si le gouvernement canadien avait choisi l'équipe d'AgustaWestland plutôt que celle de Sikorsky.

Au fait, Sikorsky a son usine à Bridgeport (Connecticut) et c'est là que les appareils seront construits. General Dynamics Canada, qui a ses installations à Ottawa, sera chargé de l'intégration des systèmes. Sikorsky et son partenaire d'Ottawa seront les deux donneurs d'ordres.

Comme troisième «joueur principal», il y a la firme L-3 MAS Canada, installée à Mirabel, qui jouit «d'une expérience éprouvée dans le soutien en service à long terme pour le compte des Forces canadiennes», dit le communiqué. Sylvain Bédard, président de cette firme qui emploie 800 personnes à Mirabel et qui est rattaché à un groupe dont le siège social est à New York, ne cache pas qu'il s'agit d'un important contrat pour sa société, mais il ne veut pas divulguer le montant que celle-ci en retirera.

Il parle cependant de la création de 100 emplois sur 20 ans. L-3 MAS prendra en main toutes les infrastructures pour le service et pour l'entraînement des pilotes, mais elle n'assurera pas elle-même l'entretien des appareils, ni la formation des pilotes. Elle s'occupera notamment de la fourniture des pièces, de la distribution, de la logistique et de la construction de l'école d'entraînement à la base de Shearwater (Nouvelle-Écosse).

Une dizaine d'entreprises

M. Noseworthy a souligné qu'il y aura des retombées au Québec pour plus d'une dizaine d'entreprises au Québec, dont Pratt & Whitney. «C'est sûr que nous allons tout faire pour aider notre entreprise soeur», a-t-il, car P&W fait partie de la grande famille de United Technologies, tout comme Sikorsky. Néanmoins, Sikorsky mettra dans les hélicoptères H-92 des moteurs fabriqués par General Electric, un concurrent de P&W.

Quoi qu'il en soit, avec des retombées prévues de 955 millions, le Québec recevra un peu moins que les provinces de l'Atlantique sur 20 ans, où les retombées seront d'un milliard. Il recevra deux fois moins que l'Ontario, qui en aura pour deux milliards. Le secteur aérospatial québécois représente pourtant près de 55 % de toute l'activité canadienne dans le domaine aérospatial, avec quelques-unes des plus importantes entreprises et environ 240 PME qui gravitent autour d'elles.