Marchés boursiers - Le Dow Jones passe sous les 10 000 points

New York — Wall Street a terminé hier sous les 10 000 points pour la première fois depuis deux mois, son principal indicateur, le Dow Jones, cédant 0,88 % en raison des inquiétudes sur la performance des sociétés au deuxième semestre.

La Bourse américaine, après avoir annulé tous ses gains de l'année, continue à s'enfoncer, inquiète d'un ralentissement de l'économie américaine et figée par les incertitudes liées au terrorisme, à l'élection présidentielle et à la stratégie de la Fed.

«Le marché est assis entre deux chaises. Les investisseurs sont presque paralysés par les craintes liées à un ralentissement de la croissance des bénéfices des entreprises, aux élections, à la Réserve fédérale, au terrorisme, au prix du pétrole...», souligne Hugh Johnson, directeur des investissements de First Albany.

À la Bourse de Toronto, l'indice S&P/TSX a perdu 14,74 points, à 8383,31, ce qui lui laisse un gain hebdomadaire net de 32,85 points.

Le Dow Jones Industrial Average (DJIA), indice vedette de Wall Street, a reculé de 88,11 points, à 9962,22 points. Le DJIA n'avait pas clôturé sous les 10 000 points depuis le 24 mai dernier. L'indice composé du Nasdaq a plongé de 39,97 points, à 1849,09 points, sa clôture la plus basse depuis le 2 octobre 2003. L'indice du Standard and Poor's 500, plus représentatif de la tendance générale, a clôturé en baisse de 10,64 points (-0,97 %) à 1086,20 points, son plus bas depuis le 17 mai dernier.

Le Dow Jones a perdu 1,75 % sur la semaine, la cinquième consécutive à la baisse. Le Nasdaq a décliné de 1,8 % au cours de sa quatrième semaine consécutive de baisse. Le Standard and Poor's 500 a cédé 1,38 % sur la semaine, la sixième de suite dans le rouge.

Alors qu'une série d'indicateurs économiques décevants avaient déjà pesé sur le marché boursier au cours des dernières semaines, l'entrée dans le coeur de la saison des résultats trimestriels d'entreprises n'a pas apporté le répit espéré. «La plus grande préoccupation au début de la saison des résultats portait sur les prévisions» des sociétés pour les prochains mois, a indiqué Art Hogan, stratège de la maison de courtage Jefferies. «Bien que les résultats [du deuxième trimestre] aient été très bons, je n'ai pas un exemple de bonne prévision», a souligné M. Hogan.

Du côté de la macroéconomie cette semaine, les mises en chantier de logements aux États-Unis ont chuté de 8,5 % en juin par rapport à mai. De bonnes nouvelles sur le front de l'emploi n'ont pas réussi à redonner de l'élan aux indices. Les demandes hebdomadaires d'allocations chômage ont reculé de 11 000 pour tomber à 339 000 la semaine dernière, plus bas que les 345 000 demandes attendues.

Par ailleurs, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Alan Greenspan, auditionné mardi et mercredi au Congrès, n'a pas exclu d'accélérer le rythme de la hausse des taux d'intérêt, si l'inflation devait menacer la croissance.

Dans un tel contexte, «il est impossible de discerner une tendance, et les investisseurs refusent de prendre le moindre risque», juge M. Johnson. Selon lui, «le marché va finir par repartir à la hausse», mais il devrait continuer à dériver dans l'attente que les «craintes disparaissent une à une».