Paris lance une offensive touristique

Paris — Renforcer l'image de la France, première destination touristique mondiale, face à la concurrence étrangère et rassurer les professionnels du secteur, tels sont les objectifs affichés du comité interministériel sur le tourisme organisé hier matin à Paris.

«Face aux nouvelles destinations qui se multiplient, il faut faire de la France un produit lisible et clair», a expliqué le secrétaire d'État français au Tourisme, Léon Bertrand, à l'issue de cette réunion. «Jusqu'à présent, on se battait pour augmenter la longueur des vacances, aujourd'hui il faut améliorer la fréquence des séjours.»

Première destination touristique au monde, la France a accueilli 75 millions de touristes étrangers en 2003, contre 77 millions en 2002.

Soumis aux aléas du ciel, des taux de changes, de la situation internationale, le secteur doit aussi faire face à une concurrence accrue d'autres pays meilleur marché.

Pour renforcer le secteur qui génère deux millions d'emplois répartis dans 200 000 entreprises, le plan du gouvernement comporte trois volets: l'amélioration de l'attractivité de la France; la cohésion sociale, avec notamment un meilleur accès aux chèques-vacances, et la réforme de l'État avec des simplifications administratives adaptées au secteur.

Pour Gilles de Robien, attirer les visiteurs, c'est d'abord mieux les accueillir.

«Si on veut plus de touristes, il faut améliorer l'accueil. Pour les visiteurs, le premier sourire, la première poignée de main, le premier renseignement, dans la bonne langue, sont des signes de bienvenue», a déclaré le ministre de l'Équipement, des Transports, de l'Aménagement du territoire, du Tourisme et de la Mer.

Pour ce faire, de nouveaux moyens seront notamment accordés à la Maison de la France, chargée de promouvoir l'Hexagone à l'étranger, et un «Plan qualité France» sera mis en place pour «assurer une meilleure connaissance de l'offre touristique française et faciliter sa promotion et sa commercialisation à l'étranger».

Améliorer la diffusion des chèques-vacances

La France compte une trentaine de «cultures identitaires» différentes (le Pays basque, la Picardie ou la Guyane, etc.) qu'il faut préserver, a ajouté Léon Bertrand. Dans le cas particulier de la Corse, où les professionnels du tourisme ont remarqué cette saison une baisse de fréquentation, le secrétaire d'État préconise une diversification de l'offre touristique, actuellement essentiellement balnéaire.

Au chapitre du tourisme franco-français, le gouvernement veut améliorer la diffusion des chèques-vacances, moins bien utilisés dans les PMI et les PME que dans les grandes entreprises.

«Il faut qu'en 2005, beaucoup plus de Français, et surtout beaucoup plus d'enfants, partent en vacances», a déclaré Gilles de Robien.

Le dispositif sera mis en place par l'intermédiaire de l'Agence nationale pour le chèque-vacances (ANCV), financée à hauteur de 800 000 euros pour un objectif de 10 000 départs. Il sera testé pendant deux ans dans six régions: Provence-Alpes-Côte d'Azur, Pays-de-Loire, Bourgogne, Aquitaine, Bretagne et Rhône-Alpes.

Des mesures seront prises en direction des personnes âgées, qui seront invitées, en accord avec les organismes sociaux, à prendre leurs congés hors vacances scolaires et ainsi prolonger la saison touristique pour les professionnels.

Interrogé sur la santé de l'industrie touristique cette année, Léon Bertrand a fait savoir que la saison avait bien démarré sur la côte atlantique, mais que les choses étaient plus difficiles dans le Sud, où l'«effet canicule joue encore».

«On constate un retour des touristes américains et japonais; la hausse devrait être de l'ordre de 12 % fin 2005», a-t-il aussi fait savoir.

Interrogé sur les inquiétudes liées aux baisses de réservations, Léon Bertrand a rappelé que les touristes s'y prenaient de plus en plus souvent à la dernière minute.