Lacoste fait appel à la jeune pousse de Montréal Heyday

La solution sera déployée dans une vingtaine pays, et dans huit langues.
Photo: Yasin Akgul Agence France-Presse La solution sera déployée dans une vingtaine pays, et dans huit langues.

Le virage numérique qu’a imposé la pandémie dans le commerce de détail est devenu le moteur de croissance de Heyday. La startup montréalaise en intelligence artificielle, qui a fait le plein de nouveaux contrats dans les derniers mois, va déployer la plateforme conversationnelle du géant du vêtement Lacoste à l’échelle mondiale dans les prochaines semaines.

« Le malheur des uns a fait le bonheur des autres », concède Étienne Mérineau, cofondateur et vice-président du marketing de Heyday AI, sans pour autant se réjouir de la tourmente de nombreuses d’entreprises.

Sa technologie de plateforme conversationnelle (chatbot) — un assistant numérique virtuel qui s’appuie sur l’intelligence artificielle — a été poussée à l’avant-scène avec la pandémie. « Le virage technologique s’est fait à 180 degrés ; les entreprises ont dû se retourner et offrir des canaux de communication. Notre technologie s’est révélée pertinente », dit-il. Résultat : les revenus « ont doublé dans les six derniers mois de 2020 », souligne-t-il. Des plus de 70 clients d’importance, « une trentaine de clients » ont été acquis depuis douze mois. Elle compte parmi sa clientèle des entreprises internationales — les françaises Décathlon et Danone, la danoise Bestsellers —, mais aussi québécoises : Simons, Dynamite, Rudsak, Mobilia, JCPerreault.

Un contrat important

 

Un récent contrat d’envergure : le géant du français du vêtement Lacoste. Heyday a remporté en janvier l’appel d’offres de la multinationale qui souhaite détenir une plateforme conversationnelle à l’échelle mondiale. La valeur de l’entente reste confidentielle.

Sur le plan logistique, la montréalaise doit prendre une grosse bouchée. « Il faut gérer des bases de données qui se trouvent dans différents pays et sur différents systèmes », indique Étienne Mérineau. La solution sera déployée dans une vingtaine pays, mais elle doit le faire dans huit langues. « Il faut que notre système d’apprentissage machine s’adapte à chacune de ces langues », souligne-t-il. Car la plateforme de clavardage en direct et de messagerie client s’appuie sur l’intelligence artificielle conversationnelle. Ce sont les algorithmes qui permettent d’automatiser les réponses aux requêtes répétitives et de s’adapter à la demande des consommateurs.

Du coup, les questions et les messages envoyés depuis Facebook Messenger, WhatsApp, Google Business Messages ou simplement par courriel sont rassemblés dans un tableau de bord unique. Des algorithmes filtrent alors les messages en fonction de leur nature. Est-ce destiné au service à la clientèle ? Est-ce que la demande relève plutôt de l’après-vente ?

En fonction des résultats, une réponse automatisée peut répondre aux questionnements. « Si on prend quelqu’un qui joue au tennis et qui cherche une raquette, les besoins et les questions ne sont pas les mêmes en fonction de l’expertise du joueur. Si un athlète cherche des types de cordage ou un cadre conçu d’une manière très précise, la conversation sera transférée à un spécialiste en magasin, par exemple », dit-il.

La croissance des derniers mois de Heyday AI a bonifié une ronde de financement réalisée en 2019. Desjardins Capital, le Fonds Innovobot et Investissement Québec ont injecté dans l’entreprise 6,5 millions dollars de plus. « Les investisseurs qui étaient avec nous ont pour ainsi dire doublé les sommes déjà investies. »

Les astres sont maintenant alignés pour une ronde de financement de série A, prévue cet automne, qui vise à accélérer son développement à l’international, aux États-Unis plus spécifiquement. « On a déjà beaucoup de croissance au Canada et en Europe, notamment en France. On sent qu’on est prêt pour développer le marché américain et le reste du marché mondial », indique-t-il.

  

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