Vivement le retour du présentiel!

Adrien Bonot
Collaboration spéciale
Les personnes ont besoin de se retrouver, de réseauter, chose qu’il est impossible de faire en virtuel.
Photo: iStock Les personnes ont besoin de se retrouver, de réseauter, chose qu’il est impossible de faire en virtuel.

Ce texte fait partie du cahier spécial Tourisme d'affaires

Le secteur du tourisme d’affaires est un acteur de l’économie québécoise plus important qu’on ne le soupçonne. Le nombre de congrès ou d’événements organisés à travers la Belle Province est en constante augmentation. À titre d’exemple, pour l’année 2019-2020, le Centre des congrès de Québec a accueilli 200 événements, dont 74 congrès, dont 14 congrès internationaux. Ces activités et la présence de milliers de congressistes dans la capitale nationale ont généré des retombées économiques de quelque 101 millions de dollars.

Important moteur économique, le Centre des congrès de Québec se veut le principal acteur du tourisme d’affaires de la région. Nommé « meilleur palais de congrès au monde » en 2006 par l’Association internationale des palais de congrès, il accueille chaque année plus de 200 000 visiteurs du monde entier et de grands congrès d’envergure nationale et internationale. Depuis son inauguration le 26 août 1996, le Centre des congrès de Québec a été le cadre de plus de 2000 événements qui ont généré 2,8 millions de nuitées et des retombées économiques de 1,5 milliard de dollars dans la région. Aujourd’hui, en plus de générer d’importantes retombées économiques, sociales et intellectuelles pour le Québec, il rayonne sur la scène internationale grâce à l’excellence de son service à la clientèle et à ses actions innovantes en matière de développement durable.

Trouver des solutions innovantes

L’apparition de la pandémie de COVID-19 a cependant bouleversé l’organisation des événements organisés par le Centre. Les différents acteurs ont été amenés à se réinventer et à trouver des solutions innovantes pour reprendre du service. Avec l’usage des nouvelles technologies, le virtuel a pris le pas sur le présentiel. Ann Cantin, directrice des communications et de mise en marché du Centre des congrès de Québec au sein de Québec Destination affaires, témoigne : « Les différents événements organisés par le Centre des congrès de Québec ont été totalement modifiés en 2020. Actuellement, les événements au calendrier se déroulent de manière virtuelle ou hybride, c’est-à-dire une partie virtuelle et une partie en présentiel. Seuls quelques événements ont lieu intégralement en présentiel. »

En effet, selon les normes sanitaires de la Santé publique du Québec, en zone orange, le rassemblement intérieur autorisé pour ces événements est de 25 personnes maximum. Pour le tournage de publicités ou la réalisation d’émissions de télévision, ce nombre peut être élevé à 50 personnes.

« Malgré les mesures sanitaires, le Centre des congrès de Québec a continué à accueillir des événements, si ceux-ci étaient considérés comme essentiels : une demande expresse du gouvernement, un examen pour un concours infirmier, par exemple. Toujours avec 25 personnes maximum. Plusieurs solutions ont été trouvées pour garantir la stabilité économique du Centre. La solution principale a été d’organiser des événements en virtuel tout en maintenant une billetterie. Les gens étaient heureux de participer, mais le contact humain manque vraiment », poursuit Ann Cantin.

Hâte de bien s’habiller !

Avec une amélioration de la situation sanitaire depuis le début de l’année 2021, la demande pour organiser des événements en présentiel repart à la hausse. Le tourisme d’affaires, qui fonctionne principalement avec ces rencontres, est le premier demandeur. Les personnes ont besoin de se retrouver, de réseauter, chose qu’il est impossible de faire en virtuel. La demande est certes là, mais tout dépendra de l’évolution de la situation sanitaire mondiale et québécoise. Les voyages internationaux sont pour le moment toujours interdits. Le Centre souhaite se concentrer sur l’organisation d’événements canadiens, aussi bien québécois que provenant du reste du Canada.

Ann Cantin conclut : « Nous avons demandé à notre clientèle ce qui lui manquait le plus depuis l’avènement des événements virtuels. La rencontre physique et le réseautage sont la première réponse. Suit ensuite le fait de pouvoir participer à des spectacles en direct, à des banquets, de pouvoir bien s’habiller. Le télétravail et les événements virtuels ont pesé sur la santé mentale des Québécois. L’être humain est fait pour socialiser, et le fait de bien s’habiller et de participer à des événements contribue activement à son bien-être. Tous les acteurs économiques ont hâte de retrouver un semblant de normalité. »

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