Les événements d’affaires passés au crible

Adrien Bonot
Collaboration spéciale
L’exemple du centre de congrès de Gold Coast, en Australie, est le plus parlant, car il avait déjà une relation avec sa communauté et plus spécifiquement avec les écoles du quartier en leur offrant ses cuisines pour des activités parascolaires.
Photo: Getty Images L’exemple du centre de congrès de Gold Coast, en Australie, est le plus parlant, car il avait déjà une relation avec sa communauté et plus spécifiquement avec les écoles du quartier en leur offrant ses cuisines pour des activités parascolaires.

Ce texte fait partie du cahier spécial Tourisme d'affaires

En 2019, le tourisme d’affaires au Québec a généré plus de 600 millions de dollars de retombées économiques. Mais au-delà de ces considérations pécuniaires, ces événements ont un impact social et écologique que le milieu ne peut pas négliger.

Partant de ce constat, le Palais des congrès de Montréal a collaboré avec l’OBNL (organisme à but non lucratif) montréalais #MEET4IMPACT et l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (ESG-UQAM) dans la réalisation d’une étude de dimension mondiale qui s’est échelonnée tout au long de l’année 2020. Cette dernière permettra de dresser l’inventaire des initiatives les plus porteuses en matière d’impact social généré par les événements d’affaires.

Avec l’apparition de la pandémie de COVID-19, cette étude a évolué. Les objectifs principaux sont maintenus, mais s’ajoute une enquête sur l’utilisation des Palais des congrès à travers le monde durant cette pandémie.

Mohamed Reda Khomsi, professeur du Département d’études urbaines et touristiques de l’ESG-UQAM, nous explique le détail de ce projet : « Cette étude a commencé en février 2020 juste avant l’apparition de la pandémie au Québec. Ce projet, qui s’étend sur plusieurs années, a pour objectif d’analyser les différents impacts des événements d’affaires sur la ville hôte de ceux-ci. Ces impacts peuvent être aussi bien économiques que sociaux et écologiques. »

De centre de congrès à centre de vaccination

Les effets économiques d’un événement sont depuis longtemps estimés. Retombées pour les hôtels, les restaurants, l’industrie du tourisme en général. Là où cette étude est précurseure, c’est sur son analyse des autres effets.

« L’impact social et écologique d’un événement doit dorénavant être pris en compte. Les différents centres des congrès qui ont participé à cette étude sont très impliqués dans ce domaine. Par exemple, lors d’un événement, toute la nourriture non consommée peut être redistribuée. L’impact social est alors très positif. De même, des efforts sur le recyclage, la consommation d’eau des événements d’affaires ont un impact écologique non négligeable. »

Cette étude est une base de travail et d’analyse pour les villes qui accueillent ce genre d’événements. La compétition est féroce entre ces diverses villes, car les retombées économiques sont importantes. Les bonnes pratiques sont toutes répertoriées dans un document unique et permettent une organisation plus responsable des prochains événements. Cependant, la pandémie de COVID-19 est venue totalement bouleverser le secteur du tourisme d’affaires et a amené les différents acteurs de cette étude à se poser de nouvelles questions.

« Nous avons vu, à travers la planète, plusieurs centres des congrès être transformés en centre de vaccination ou d’hospitalisation pour faire face à la crise sanitaire. Notre posture a alors évolué et nous nous sommes demandé pourquoi certains centres ont proposé leurs services et d’autres non », témoigne Mohamed Reda Khomsi.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Palais des congrès de Montréal s'est transformé en un centre de vaccination massive contre la COVID-19. 

Son étudiante Charlotte Laurin a basé son étude sur six villes à travers le monde. Hokkaido, Vancouver, Madrid, Washington DC, Kuala Lumpur et Gold Coast en Australie. L’exemple australien est le plus parlant. Le centre de congrès avait déjà une relation avec sa communauté et plus spécifiquement avec les écoles du quartier en leur offrant ses cuisines pour des activités et des projets parascolaires. À partir de là, le centre a fait un appel à ces écoles pendant la pandémie afin de comprendre quels étaient leurs besoins, plus particulièrement sur le plan numérique pour des cours en ligne par exemple. Le centre a mis par la suite à la disposition de ces écoles leur équipe technique afin de les soutenir dans l’utilisation et l’entretien de l’équipement ainsi que la formation des enseignants à l’usage des différentes technologies. Cette initiative a été accueillie très favorablement par ces écoles dans la mesure où elle a eu un impact concret sur la poursuite de leurs activités. 

Aménagement post-pandémie

La relation entre les centres de congrès et la communauté est donc essentielle. Pour les nouveaux projets de centre par exemple, dans le contexte post-pandémie, l’aménagement doit être pris en compte. La distanciation, le nombre de surfaces de contact sont des éléments à intégrer pleinement dans tous les projets.

Le Palais des congrès de Montréal, partenaire privilégié de cette étude, se veut précurseur dans ce domaine. Christian Ruel, vice-président aux finances et à l’administration du Palais, conclut : « Le Palais est fier de collaborer à cette étude qui permettra de dresser l’inventaire des initiatives les plus porteuses en matière de legs et de mesures d’impact social par les événements d’affaires. La situation actuelle est l’occasion idéale pour les événements de revoir leurs façons de faire et de se réinventer, non seulement pour atteindre leurs objectifs d’assistance, mais aussi pour optimiser leur impact social. Pour les aider dans ce pivot, le Palais offre un accompagnement personnalisé aux planificateurs d’événements et puisera dans les conclusions de ce projet de recherche afin de partager les meilleures pratiques de l’industrie. »