Plus de morts et de conflits avec la reforme Boulet, prédisent les Métallos

Aux yeux du syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, il s’agit d’un «recul de 40 ans» en matière de santé et de sécurité dans les mines. Les deux lois que ce projet de loi vient réformer remontent justement à 40 ans.
Photo: Michael Monnier Le Devoir Aux yeux du syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, il s’agit d’un «recul de 40 ans» en matière de santé et de sécurité dans les mines. Les deux lois que ce projet de loi vient réformer remontent justement à 40 ans.

Le syndicat des Métallos prédit plus de morts et de conflits de travail si le projet de loi 59 en santé et sécurité est adopté tel quel, préférant le statu quo à la réforme présentée par le gouvernement Legault.

Le directeur québécois du syndicat des Métallos, Dominic Lemieux, a vertement critiqué le projet de loi mardi lors d’un point de presse aux côtés de représentants de plusieurs syndicats dans les mines du Québec. Il a également écorché les amendements récemment déposés par le ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet.

Aux yeux du syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, il s’agit d’un « recul de 40 ans » en matière de santé et de sécurité dans les mines. Les deux lois que ce projet de loi vient réformer remontent justement à 40 ans.

« S’il y a moins d’indemnisations, ça va coûter moins cher aux employeurs, alors c’est sûr qu’ils vont faire moins de prévention. Dans le secteur minier, reculer, c’est retourner à l’époque où il y avait plus de morts et c’est aussi des gens qui vont avoir du mal à faire reconnaître leurs cas de surdité, leurs cancers professionnels liés au plomb, au diesel… », a soutenu Dominic Lemieux.

Le directeur du syndicat, qui compte quelque 60 000 membres au Québec, prévoit aussi plus de conflits de travail, parce que le projet de loi ne prévoit plus de minimum d’heures de libération pour les représentants à la prévention et de minimum pour la fréquence des rencontres de prévention. Il y a déjà eu des conflits de travail où l’un des enjeux était justement la libération du représentant à la prévention, a souligné M. Lemieux, citant le cas d’un établissement au Nouveau-Brunswick.

« S’il n’y a plus rien de minimum dans la loi au Québec pour venir dire qu’un représentant à la prévention va être libéré tant d’heures par semaine, c’est clair que la directive va venir de très haut pour dire : “On va couper les heures de libération des représentants de travailleurs.” Clairement, ce n’est pas dans la philosophie de ces multinationales-là de travailler conjointement en santé et sécurité. »

Le syndicat des Métallos critique aussi le projet de loi parce qu’il remet trop la prévention entre les mains de l’employeur, plutôt qu’à une instance paritaire avec les employés. Il lui reproche également de permettre aux grands employeurs qui exploitent plusieurs mines, par exemple, de n’avoir qu’un seul représentant à la prévention pour plusieurs établissements.

Pour toutes ces raisons, M. Lemieux dit préférer le statu quo au projet de loi 59, même tel qu’il a été amendé.

 

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