Amazon ouvre un studio de jeux vidéo à Montréal

En août 2021, le jeu MMO New World sera finalement lancé après avoir été reporté à deux reprises.
Photo: Amazon Games En août 2021, le jeu MMO New World sera finalement lancé après avoir été reporté à deux reprises.

Amazon Games ouvrira un studio de jeux vidéo à Montréal qui s’articulera autour d’une nouvelle marque de jeu triple A, soit à budget élevé, a dévoilé l’entreprise mardi.

Cette annonce survient une semaine jour pour jour après le lancement de Haven Entertainment Studios, un studio dirigé par Jade Raymond, ancienne vice-présidente vedette de Google responsable de la plateforme Stadia.

« La richesse de la créativité montréalaise sera un atout précieux pour nos équipes de développement et d’édition », a souligné le vice-président d’Amazon Games, Christoph Hartmann, dans un communiqué diffusé mardi matin.

L’équipe de Montréal apportera une expertise dans le secteur des « jeux en ligne » et les « expériences multijoueurs ». Le premier projet du studio sera d’ailleurs un jeu multijoueurs en ligne basé sur une nouvelle propriété intellectuelle, a-t-il noté, sans fournir plus de détails.

Le studio québécois d’Amazon Games s’ajoutera à ceux déjà existants des villes californiennes de San Diego et d’Orange County ainsi qu’à celui situé à Seattle, où se trouve lmkae siège social du géant américain.

Créée en 2012, la division de jeux vidéo du géant du commerce en ligne a déjà développé et mis en marché de nombreuses productions. En août 2021, le jeu MMO New World sera finalement lancé après avoir été reporté à deux reprises.

D’autres jeux « qui n’ont pas été annoncés » sont en cours de développement, peut-on lire dans le communiqué.

« Une tornade positive »

L’annonce d’Amazon a été chaudement accueillie par la Guilde du jeu vidéo du Québec. « On peut voir l’ajout de grandes entreprises comme une tornade, mais une tornade positive. Plus il y a de vents qui s’ajoutent, plus elle grossit. Et plus elle grossit, plus de vents s’ajoutent », indique Nadine Gelly, directrice générale de l’organisme.

Son de cloche similaire de la part de François Borelli, p.-d.g de Numana, l’organisation qui représente la grappe technologique au Québec : « C’est toujours une bonne nouvelle pour l’emploi lorsque ce type d’entreprises s’installe à Montréal. » Il ajoute toutefois que « ce n’est pas toujours le cas pour les PME québécoises qui œuvrent dans le même secteur », dont de petits studios. Tout est une question d’équilibre, selon lui.

Petits studios

La présence de grands acteurs défavorise-t-elle les petits studios indépendants lorsque vient le temps d’attirer les talents ? Nadine Gelly, de la Guilde, reconnaît que la question se pose. Elle estime toutefois qu’il faut aborder celle-ci sous un autre angle. Pour quelle raison ? Ce sont deux types d’entreprises très différents.

« La mentalité n’est pas la même. Dans les petits studios, souvent, on retrouve des gens qui veulent travailler comme dans une famille pour le développement de jeux bien précis », dit-elle.

Dans un contexte où de plus en plus de studios s’installent à Montréal, la question de la main-d’œuvre n’en reste pas moins incontournable. D’autant plus que la pénurie a été exacerbée par la pandémie.

« Actuellement, on ne peut pas faire entrer aussi facilement au Québec des gens qui ont été formés à l’étranger. Comme beaucoup de main-d’œuvre qualifiée passe par l’immigration, il faut qu’on soit capables de rouvrir les frontières le plus rapidement possible. Pour nous, c’est primordial », indique Mme Gelly.

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