Les conseillers de Biden recommandent 3000 milliards de dépenses

Démocrates et républicains ont d’ores et déjà commencé leurs tractations en coulisses, mais les républicains sont farouchement opposés à un plan coûteux qui alourdirait encore la dette des États-Unis.
Photo: Eric Baradat Agence France-Presse Démocrates et républicains ont d’ores et déjà commencé leurs tractations en coulisses, mais les républicains sont farouchement opposés à un plan coûteux qui alourdirait encore la dette des États-Unis.

Les conseillers économiques du président américain s’apprêtent à recommander de dépenser jusqu’à 3000 milliards de dollars supplémentaires pour un vaste ensemble de mesures visant notamment à stimuler l’économie et à réduire les émissions de CO2, qui comprendrait un vaste plan d’infrastructure, affirment le New York Times et CNN.

Selon le New York Times, qui cite des sources informées du dossier, ce nouveau projet de loi serait financé en partie par des augmentations d’impôts pour les entreprises et les ménages les plus riches. La proposition serait présentée dès cette semaine au président démocrate, Joe Biden, toujours selon le quotidien.

« Après des mois de débat interne, les conseillers de M. Biden devraient présenter cette semaine au président une proposition recommandant de découper son programme économique en pièces législatives distinctes, plutôt que d’essayer de faire passer un paquet gigantesque au Congrès », avance le New York Times.

La proposition, sur laquelle les principaux conseillers du président délibèrent depuis des semaines, serait articulée en deux parties distinctes, la première axée sur les infrastructures et l’énergie propre, et la seconde sur « l’économie des soins » avec un accent mis sur les principaux problèmes économiques, soutient de son côté le réseau CNN, citant des personnes proches du dossier.

Pendant sa campagne, Joe Biden avait évoqué un plan pluriannuel de 2300 milliards de dollars.

Démocrates et républicains ont d’ores et déjà commencé leurs tractations en coulisses, mais les républicains sont farouchement opposés à un plan coûteux qui alourdirait encore la dette des États-Unis. La semaine dernière, ils ont commencé les joutes verbales. « Je pense que le cheval de Troie s’appellera “infrastructures”. Mais dans ce cheval de Troie se cacheront toutes les hausses d’impôts », avait ainsi déclaré le leader de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell. « Je les soupçonne de vouloir tenter de tout mettre dans ce projet de loi », avait-il poursuivi devant les journalistes.

Les démocrates, eux, avaient laissé entendre qu’ils pourraient opter pour une procédure leur permettant de ne compter que sur leur majorité simple au Sénat, comme pour le plan de relance, en contournant un possible blocage républicain.

De leur côté, les entreprises ont commencé leur travail de lobbying. Ainsi une coalition de plus de 140 groupes dirigés par la Chambre de commerce américaine et le Bipartisan Policy Center a récemment exhorté les législateurs à voter un projet de loi avec comme échéance symbolique le 4 juillet, date de la fête nationale.

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