Qui sont ces Montréalais qui ont quitté l’île?

De façon générale, les familles qui demeurent dans les secteurs limitrophes de l’île de Montréal sont plus susceptibles de déménager dans les couronnes avoisinantes.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir De façon générale, les familles qui demeurent dans les secteurs limitrophes de l’île de Montréal sont plus susceptibles de déménager dans les couronnes avoisinantes.

La majorité des Montréalais qui ont déserté la métropole pour s’installer en banlieue habitaient en périphérie de la ville, conclut un rapport publié jeudi par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

De façon générale, les familles qui demeurent dans les secteurs limitrophes de l’île de Montréal, comme près du pont Honoré-Mercier ou dans le quartier Rivière-des-Prairies, sont plus susceptibles de déménager dans les couronnes avoisinantes. À l’inverse, ceux qui habitent les quartiers plus centraux tendent à demeurer dans la métropole. C’est ce qu’explique en entrevue téléphonique l’auteur du rapport, l’économiste Francis Cortellino.

Les résultats indiquent donc que les ménages qui vivent dans des secteurs un peu plus éloignés de la ville et qui devaient probablement déjà consacrer un certain temps à leurs déplacements vers le lieu de travail ont été plus enclins à déménager en banlieue afin de pouvoir y acquérir une maison unifamiliale. D’autant plus que le télétravail est venu changer la donne, souligne M. Cortellino.

Parmi les arrondissements où un plus grand nombre de Montréalais quittent l’île pour s’établir dans les couronnes figurent Ahuntsic, Saint-Laurent, Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Montréal-Nord et Saint-Léonard. À l’est, les résidants de Rivière-des-Prairies, Pointe-aux-Trembles et Mercier–Hochelaga-Maisonneuve troquent également leur nid douillet en ville pour la banlieue. De même que Verdun, LaSalle et Lachine, dans le sud-ouest de la métropole. Malgré leurs proximités au centre-ville, ces quartiers sont également près des ponts Mercier et Champlain, fait remarquer M. Cortellino.

Cette migration s’observe un peu moins dans le quartier du Plateau-Mont-Royal ou au centre-ville, par exemple ; il y aurait donc un facteur de proximité. « À l’exception du secteur de Griffintown, plus particulièrement dans le code postal débutant par H3C qui est le cœur de Griffintown, et une petite partie de Ville-Marie. C’est vraiment le seul secteur [du centre-ville] où on voit qu’il y a beaucoup de gens qui ont quitté la ville pour la banlieue cette année », note l’économiste.

« On sait que ce sont des ménages un peu plus jeunes et souvent plus aisés financièrement, commente-t-il. Ce sont souvent des ménages qui vivent dans des condos où le prix est probablement plus élevé. » M. Cortellino avance que certains d’entre eux, qui en ont les moyens, préfèrent s’installer en banlieue où ils auraient plus d’espace sans payer beaucoup plus que ce qu’ils paient déjà.

Popularité des maisons unifamiliales

Par ailleurs, le pourcentage de Montréalais qui achètent des maisons unifamiliales a augmenté au cours des six dernières années. De 2015 à 2019, ils étaient déjà entre 22 % et 24 % à quitter l’île pour acheter un bungalow en banlieue. Cette proportion atteint 28,8 % en 2020. Fait intéressant à noter, en juillet 2020, ce pourcentage a grimpé à 31 %, soit dès le trimestre suivant le début de la pandémie.

Le nombre de transactions de maisons unifamiliales a grimpé dans la plupart des municipalités à l’extérieur de l’île de Montréal. Sur la Rive-Nord, les plus fortes hausses ont été observées à Saint-Eustache, Saint-Jérôme, Saint-Lin–Laurentides, L’Assomption et Rosemère, entre autres. Pour ce qui est de la Rive-Sud, les municipalités de Saint-Jean-sur-Richelieu, Longueuil (secteur du Vieux-Longueuil et St-Hubert), Beloeil et Sainte-Julie ont accueilli plusieurs familles qui habitaient auparavant Montréal.

Cette vague de nouveaux ménages est probablement venue créer une pression supplémentaire sur les prix dans un contexte d’offre très limitée, indique le rapport.

Les données du système Centris de l’APCIQ montrent d’ailleurs que la croissance du prix médian des maisons unifamiliales dans les divers secteurs de banlieue en 2020 a été plus élevée que sur l’île de Montréal, une première depuis plusieurs années.

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse canadienne pour les nouvelles.

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