Abitibi-Consolidated a souffert du taux de change

Les fluctuations du dollar canadien ont affecté les résultats du producteur de papier journal Abitibi-Consolidated, dont le deuxième trimestre s'est soldé par une perte nette de 79 millions de dollars, comparativement à des profits de 146 millions lors de la période correspondante de l'année dernière.

L'entreprise qui a son siège social à Montréal a néanmoins enregistré une hausse de ses revenus, qui sont passés de 1,39 milliard il y a un an à 1,44 milliard, ainsi qu'une importante amélioration de ses résultats d'exploitation. Son bénéfice d'exploitation pour les activités poursuivies s'est ainsi établi à 51 millions, comparativement à une perte de 47 millions au deuxième trimestre 2003.

Lors d'une conférence téléphonique hier, le président et chef de la direction, John Weaver, a soutenu que «des jours meilleurs sont à venir» pour Abitibi-Consolidated, grâce à une période de stabilité dans les relations de travail ainsi qu'à une augmentation des prix pour les produits fabriqués par l'entreprise.

Hausse du prix du papier journal

Le prix de la tonne de papier journal pour les clients nord-américains doit notamment être majoré de 50 $US à compter du 1er septembre. «En clair, nous devons obtenir une marge bénéficiaire convenable», a dit M. Weaver à propos de cette hausse. «Nos clients ont bénéficié cette année d'une croissance de leurs revenus ainsi que de leurs ventes publicitaires», a-t-il souligné.

Selon M. Weaver, les Jeux olympiques d'Athènes ainsi que la campagne présidentielle aux États-Unis vont entraîner une augmentation du volume d'annonces dans les journaux. «Si l'on tient compte également de la reprise saisonnière habituelle, la consommation nord-américaine de papier journal devrait croître durant la deuxième moitié de l'année», a dit le chef de la direction.

Les résultats du deuxième trimestre qui a pris fin le 30 juin tiennent compte d'une perte après impôts de 68 millions liée au taux de change, en raison principalement de la dette libellée en dollars américains.

Abitibi-Consolidated a également inscrit une charge de trois millions pour la conversion d'une machine à papier à son usine d'Alma, ainsi qu'un gain de 19 millions pour la vente d'une participation de 21 % dans l'usine de panneaux OSB Voyageur Panel.

Si l'on exclut ces trois éléments exceptionnels, l'entreprise a enregistré une perte de 27 millions, selon ce qu'a déclaré le directeur financier, Pierre Rougeau.

M. Weaver a pour sa part qualifié d'«équitable» l'entente conclue plus tôt ce mois-ci avec le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier concernant un nouveau contrat de travail de cinq ans. L'entente, qui doit servir de modèle pour les négociations contractuelles de 30 000 employés du secteur des pâtes et papiers dans l'est du Canada, prévoit des augmentations de salaire de 11 % au total, ainsi que des améliorations aux régimes de retraite et avantages sociaux qui représenteront des hausses supplémentaires de 3,3 % des coûts de main-d'oeuvre.

«Il appartient maintenant à nos employés d'accroître la productivité afin d'annuler l'impact de cette augmentation de 14,3 % des coûts de main-d'oeuvre, a dit M. Weaver. Nous devons conserver notre avantage en tant que producteur à faibles coûts.»

L'action d'Abitibi-Consolidated à la Bourse de Toronto a clôturé jeudi en baisse de 17 ¢, à 8,57 $.