Au tour du Wal-Mart de Brossard de tenter de se syndiquer

Un autre magasin Wal-Mart tentera de se syndiquer au Québec. Après celui de Jonquière, c'était hier au tour du magasin de Brossard de déposer une requête en accréditation auprès de la Commission des relations de travail du Québec.

La démarche a été entreprise une fois de plus par le syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), affilié à la FTQ, au nom des quelque 200 employés de la succursale. «Ça montre bien la volonté des employés d'améliorer leurs conditions de travail en dépit de tous les obstacles que la compagnie met sur leur chemin», a déclaré au Devoir le président du local 501, Yvon Bellemare.

La première tentative du genre au Québec s'était soldée par un échec, en avril, alors qu'une mince majorité des employés d'un magasin de Jonquière avait finalement voté contre la demande d'accréditation présentée.

Le syndicat avait alors accusé l'employeur d'avoir harcelé les employés à l'origine du projet et menacé tous les autres de la fermeture de leur magasin s'ils ne rejetaient pas la syndicalisation. Ne se comptant pas battus pour autant, les TUAC ont présenté une nouvelle requête d'accréditation pour le même magasin au début du mois.

«Nous sommes en faveur de la démocratie sur les lieux de travail, s'est défendu hier le porte-parole de Wal-Mart Canada, Andrew Pelletier. Ce sera à nos "associés" de décider s'ils veulent d'un syndicat ou non. Mais cela signifie aussi que nous devrions avoir le droit de répondre aux faussetés que répand sur notre compte le syndicat.»

Et de rappeler les deux premières places remportées par Wal-Mart au cours des trois dernières années à titre de meilleur employeur dans le secteur de la vente au détail au terme d'une enquête réalisée au pays par la firme de consultants en gestion de ressources humaines Hewitt & Associés.

Le porte-parole de la compagnie se refuse toutefois à dire comment elle réagira à l'éventuelle décision des employés de se syndiquer dans le magasin de Brossard ou dans toute autre succursale. «Nous ne ferons pas de commentaires sur des spéculations», déclare-t-il.

Tous contre un

Jugée responsable de l'abaissement général des conditions de travail dans le secteur de la vente au détail à cause, notamment, de ses salaires à peine supérieurs aux normes minimales et de son recours systématique à l'emploi sur appel, la société Wal-Mart est devenue une cible de prédilection des syndicats. Propriétaire de 44 magasins au Québec et de 236 dans l'ensemble du pays, la compagnie fait ainsi face à quatre autres recours en accréditation en Saskatchewan, au Manitoba et en Colombie-Britannique. Le total s'élèverait en outre à 45 demandes d'accréditation aux États-Unis. Selon certaines sources, le Québec aurait été désigné par les syndicats comme un champ de bataille leur étant particulièrement favorable dans cette guerre à cause des règles d'accréditation plus accommodantes.

«Nous sommes victimes d'une campagne concertée et agressive qui est portée par les syndicats et non par nos employés», se plaint Andrew Pelletier de Wal-Mart.

«Cette compagnie finira un jour ou l'autre par être syndiquée, avertit Yvon Bellemare des TUAC. C'est la plus grosse compagnie dans le monde, et les gens n'ont pas l'impression d'obtenir leur juste part de tous ces profits.»