Mise à jour de la politique monétaire - David Dodge prévoit une hausse des taux en 2005

Le gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, a enjoint au gouvernement de Paul Martin de préserver l’équilibre budgétaire des finances fédérales afin de maintenir la stabilité et la vigueur de l’économie.
Photo: Agence Reuters Le gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, a enjoint au gouvernement de Paul Martin de préserver l’équilibre budgétaire des finances fédérales afin de maintenir la stabilité et la vigueur de l’économie.

Ottawa — La vigueur de l'économie constatée cette année et attendue en 2005 laisse entrevoir une hausse des taux d'intérêt, a indiqué hier le gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge.

M. Dodge, qui a renoncé cette semaine à augmenter le taux directeur, n'a pas précisé quand il a l'intention de hausser les coûts d'emprunt. Mais avec une croissance économique moyenne de 2,75 % cette année qui devrait passer à 3,5 % en 2005, les taux devront être augmentés plus tôt que tard afin de contrer l'inflation.

Au milieu de l'année prochaine, la croissance économique devrait atteindre son niveau le plus haut, a dit M. Dodge. Et lorsque l'activité économique approche des limites de sa capacité, «le degré de détente monétaire doit être réduit afin de prévenir une intensification des pressions inflationnistes».

Les taux d'intérêt des marchés financiers laissent déjà présager une hausse des taux, a noté le gouverneur de la Banque du Canada.

Équilibre budgétaire

M. Dodge a aussi enjoint au nouveau gouvernement minoritaire du premier ministre Paul Martin de préserver l'équilibre budgétaire des finances fédérales afin de maintenir la stabilité et la vigueur de l'économie.

Alors que les gouverneurs de la banque centrale s'abstiennent habituellement de commenter l'actualité politique, M. Dodge a déclaré que Paul Martin, ainsi que tous les gouvernements provinciaux, devaient continuer à viser l'équilibre budgétaire et le remboursement de leur dette. «Nous continuons de mettre l'accent sur l'importance de l'équilibre fiscal car il s'agit de la pierre d'assise qui maintient la confiance des entreprises et des ménages et leur permet de conserver leurs habitudes de dépenses et d'épargne», a dit le gouverneur.

Certains observateurs ont exprimé la crainte que le gouvernement minoritaire de Paul Martin, élu le 28 juin, puisse se lancer dans des dépenses excessives afin de conserver l'appui du Nouveau Parti démocratique et du Bloc québécois.

M. Dodge a souligné le fait que M. Martin et son ministre des Finances, Ralph Goodale, ont rappelé leur intention d'éviter toute décision qui augmenterait les risques de déficit. «Je crois que c'est très important», a dit M. Dodge.

Des dettes et des déficits élevés peuvent faire augmenter l'inflation et les taux d'intérêt. Ils peuvent créer de l'incertitude pour les investisseurs et même pour les consommateurs.

Depuis la parution de son Rapport sur la politique monétaire d'avril, la Banque a été amenée à modifier légèrement ses prévisions en matière de croissance économique et d'inflation au pays.

Bien que cette année ait commencé lentement, la croissance a atteint 4 % au second trimestre, ce qui favorise l'augmentation des prix à la consommation.

La vigueur de la croissance — et l'inflation qu'elle génère — déterminera le moment des hausses de taux, qui ont déjà été augmentés aux États-Unis.