Le Brexit cause une rechute de l’économie britannique

Les exportations de biens ont plongé de 19,3% en janvier à cause d’une dégringolade de près de 41% des exportations vers l’UE.
Photo: Glyn Kirk Agence France-Presse Les exportations de biens ont plongé de 19,3% en janvier à cause d’une dégringolade de près de 41% des exportations vers l’UE.

L’activité au Royaume-Uni s’est contractée en janvier, notamment à cause des mesures pour lutter contre un variant très contagieux du coronavirus, tandis que le commerce extérieur a enregistré une chute record à cause de la sortie du marché unique européen.

Le PIB britannique a reculé de 2,9 % en janvier après une hausse de 1,2 % en décembre, d’après des chiffres publiés vendredi par l’Office national des statistiques (ONS). Il se trouve encore 9 % sous son niveau de février 2020, avant le choc de la pandémie.

« L’économie a été frappée de façon importante en janvier, quoiqu’un peu moins que certains ne le craignaient, avec les magasins, restaurants, coiffeurs, écoles qui ont été touchés » par les restrictions à l’activité, commente Jonathan Athow, statisticien de l’ONS. Il souligne aussi que le secteur manufacturier a enregistré sa première chute de production depuis avril, notamment dans l’automobile.

L’an dernier, le PIB avait subi une contraction record de près de 10 % au Royaume-Uni, pays européen le plus endeuillé par la pandémie, et membre du G7 à la plus forte chute de son économie.

2,9
C’est le pourcentage qui équivaut au recul du PIB britannique en janvier 2021.

Pour Paul Dales, de Capital Economics, janvier devrait être le « point le plus bas pour cette année sachant que la campagne de vaccination et la réouverture de l’économie devraient stimuler un rebond de l’activité ». « D’ici le début de l’année prochaine, nous pensons que […] le PIB aura retrouvé son niveau d’avant la pandémie », ajoute-t-il.

Effet du Brexit

Par ailleurs, l’effet du Brexit était notable dans les chiffres du commerce extérieur publiés en parallèle par l’ONS, avec des exportations de biens qui ont plongé de 19,3 % en janvier à cause d’une dégringolade de près de 41 % des exportations vers l’UE. De leur côté, les importations de biens se sont écroulées de 21,6 % en janvier, à cause d’un plongeon de 29 % des achats de biens en provenance de l’UE. En prix et en volumes, c’est « la plus forte chute en un mois depuis que ces chiffres ont commencé à être mesurés en janvier 1997 », note l’ONS.

Les chiffres du commerce extérieur publiés vendredi « sont les premiers depuis la fin de la période de transition après la sortie de l’UE », souligne l’ONS, faisant aussi valoir que le confinement avait joué dans les perturbations dans le commerce international.

Les chiffres de janvier souffrent également d’un effet comparatif défavorable, rappelle aussi l’ONS, car en novembre et en décembre, le commerce extérieur britannique avait à l’inverse bénéficié un afflux d’importations et d’exportations, les entreprises tentant de faire des stocks en prévision de la sortie effective du marché unique et de potentielles perturbations début 2021.

Le gouvernement de Boris Johnson, artisan du Brexit, a aussitôt temporisé ces chiffres. « Une combinaison unique de facteurs, y compris l’accumulation de stocks l’an dernier, des confinements liés à la COVID dans toute l’Europe, les entreprises s’adaptant à notre nouvelle relation commerciale ont entraîné inévitablement un recul des exportations vers l’UE en janvier comparé à il y a un an », a souligné un porte-parole de Downing Street.

Ces chiffres « ne reflètent pas toute la relation UE-Royaume-Uni post-Brexit […] et les volumes de fret entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ont retrouvé leur niveau normal au début février », ajoute-t-il.

La sortie du marché unique européen est entrée en vigueur le 1er janvier et a eu un fort impact sur le commerce extérieur, entre goulots d’étranglements dans des ports déjà sous pression avec la pandémie et les restrictions aux déplacements qui ont eu lieu en janvier, et des retards de commandes accumulés depuis le début de la pandémie. À cela se sont ajoutées de multiples tracasseries administratives, des coûts et des taxes supplémentaires et parfois inattendus qui ont pesé sur les échanges transfrontaliers.

À voir en vidéo