L’aide d’urgence a compensé l’effet inégal de la crise sur les femmes, estime une étude

Les femmes «ont été les premières touchées par les dommages économiques infligés par la COVID-19», souligne une étude d’un peu plus d’une soixantaine de pages du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) dévoilée lundi à l’occasion de la Journée internationale des femmes.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les femmes «ont été les premières touchées par les dommages économiques infligés par la COVID-19», souligne une étude d’un peu plus d’une soixantaine de pages du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) dévoilée lundi à l’occasion de la Journée internationale des femmes.

L’aide financière d’urgence des gouvernements a largement compensé l’effet disproportionné qu’a eu la pandémie sur les revenus des femmes, estime une étude. Ne reste plus maintenant qu’à espérer que leurs politiques de relance économique tiennent aussi mieux compte des facteurs fondamentaux à l’origine de cette inégalité.

Les femmes « ont été les premières touchées par les dommages économiques infligés par la COVID-19 », souligne une étude d’un peu plus d’une soixantaine de pages du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) dévoilée lundi à l’occasion de la Journée internationale des femmes. Non seulement étaient-elles au front pour combattre la pandémie, constituant une large part du personnel soignant dans le système de santé et dans les résidences de personnes âgées, mais elles étaient également surreprésentées dans les secteurs économiques les plus touchés, comme le commerce de détail et autres services en contact direct avec le public. C’est aussi principalement à elles qu’est revenu le fardeau de s’occuper des enfants lorsque les écoles ont fermé.

Mais là encore, toutes les femmes n’ont pas été frappées de la même manière, les travailleuses les plus vulnérables, les jeunes, les immigrantes, les Autochtones et les personnes racisées étant encore plus touchées que les autres.

Bon nombre d’entre elles se sont remises du terrible choc de la première vague de COVID-19 au printemps, mais pas toutes. Si le nombre d’emplois chez les femmes au Canada accusait encore à la fin de l’année un déficit de 3,7 % par rapport au mois de février 2020 (contre 2,9 % pour les hommes), ce manque à gagner s’élevait encore à 17,1 % dans les secteurs économiques les plus touchés (16,4 % pour les hommes).

Le point de vue des femmes

Heureusement, écrit l’auteure de l’étude, Katherine Scott, « les programmes de sécurité du revenu, comme l’assurance-emploi et la prestation canadienne d’urgence, ont joué un rôle crucial pour compenser l’effondrement désastreux des revenus d’emploi ». En janvier encore, par exemple, le Canada comptait 6,5 fois plus de femmes prestataires de l’assurance-emploi qu’avant la crise, ce qui reflète l’ampleur de la crise, mais aussi les retombées positives de l’élargissement temporaire des critères d’admission du programme. « De façon générale, la réponse du gouvernement fédéral à la pandémie a tenu compte de ses répercussions selon le genre », se réjouit le CCPA.

Une telle prise en compte est essentielle lorsque vient le temps de mesurer l’effet des crises et des réponses à leur apporter, faisait valoir lundi une autre étude, cette fois de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). Ignorer ces différences entre les hommes et les femmes a non seulement trop souvent amené les gouvernements à moins bien aider ces dernières, mais parfois même à aggraver leur situation en recourant, notamment, à des politiques d’austérité et en sabrant les services publics aussitôt sortis de la crise afin de rééquilibrer leurs budgets.

Dans ce contexte, le CCPA presse les gouvernements de tirer les leçons de la crise et de profiter de leurs prochains budgets pour s’attaquer aux racines des inégalités mises en évidence par la pandémie. Il en appelle notamment au maintien de règles moins restrictives dans les programmes de soutien au revenu destinés aux chômeurs comme aux personnes plus vulnérables. Il encourage également le gouvernement fédéral à s’inspirer de l’exemple du Québec et à mettre en place un programme public universel de garderies. On voudrait aussi le voir relever le salaire minimum et donner droit à tous les travailleurs à au moins quelques jours de congé maladie. Il faudrait également prévoir des programmes de formation professionnelle pour aider notamment les travailleuses qui ont été les plus touchées par la crise et dont les emplois sont désormais menacés par l’accélération du virage numérique.

 

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