Gain de cause pour la fondatrice du Centre Phi dans une affaire de fraude

Le procès a eu lieu en décembre au palais de justice de Montréal.
Photo: Catherine Legault Archives Le Devoir Le procès a eu lieu en décembre au palais de justice de Montréal.

La fondatrice du Centre Phi, Phoebe Greenberg, a gagné sa cause devant la Cour supérieure du Québec. Son ancienne assistante personnelle, Sandra Testa, a été condamnée lundi à lui verser plus de 12 millions de dollars, qu’elle lui aurait soutirés par des stratagèmes frauduleux.

Le procès a eu lieu en décembre au palais de justice de Montréal. La fondatrice du centre artistique multidisciplinaire du Vieux-Montréal réclamait 15 millions de dollars à Mme Testa pour des dépenses effectuées entre janvier 2016 et juillet 2017. Mme Testa affirmait que son ancienne patronne les avait autorisées, attribuant le tout à la générosité et au train de vie extravagant de la mécène. Or, le juge David R. Collier ne l’a pas crue. Dans sa décision, il indique que le témoignage de Mme Testa n’était pas crédible et qu’elle a menti en cour.

La complexité de la structure comptable des entreprises de Mme Greenberg, financées principalement par sa fortune personnelle et enregistrées sous les noms de Centre Phi, Groupe Phi et Diving Horse, aurait créé un angle mort exploité par Mme Testa. L’assistante personnelle aurait aussi abusé de la confiance de Mme Greenberg. « Mme Testa assumait le rôle de chef de bureau, se plaçant comme gardienne de l’information entre Mme Greenberg, sa banque et le personnel comptable de Phi. Cet arrangement, de même que le manque de mécanismes de contrôle et de surveillance, a permis à Mme Testa de dépenser de larges sommes d’argent pendant une courte période de temps, sans que ce soit détecté », écrit le juge dans sa décision.

Voyages et hôtels de luxe

Selon les avocats de Mme Greenberg, l’argent détourné par Mme Testa aurait servi à payer des voyages coûteux en jet privé, des hôtels de luxe, des bijoux et des vêtements de marque pour Mme Testa et certains de ses amis.

Le juge Collier ordonne donc à Mme Testa de rembourser plus de 12 millions de dollars. La somme est légèrement plus basse que celle qui était réclamée par la poursuite à l’origine, puisque Mme Greenberg s’est entendue à l’amiable avec de possibles complices de Mme Testa afin de récupérer certaines sommes d’argent.

Par courriel, Mme Greenberg a indiqué être satisfaite de la décision. « Les crimes de type col blanc sont souvent soit réglés [à l’amiable], soit non poursuivis dans toute leur ampleur, a pour sa part indiqué par écrit son avocate, Me Cara Cameron. Je suis particulièrement fière du courage dont Mme Greenberg a fait preuve en allant jusqu’au bout et en veillant à ce que Mme Testa ne puisse plus faire de même à l’avenir. »

Mme Greenberg n’a pas d’attentes élevées par rapport à la perspective de voir bientôt la couleur de son argent, admet le responsable des communications pour Mme Greenberg dans cette affaire, Philippe Gervais, de l’agence Navigator. La femme d’affaires voulait toutefois s’assurer que son ancienne assistante ne fasse pas d’autres victimes. D’ailleurs, il est possible que Mme Testa ait participé à des stratagèmes frauduleux avant même de travailler pour Phi. C’est du moins ce qu’ont allégué les avocats de la multinationale du lait Parmalat. De fausses factures de la part de Mme Testa auraient fait perdre plus de 5 millions de dollars à l’entreprise. Ces allégations n’ont pas été prouvées en cour.

De son côté, l’avocat de Mme Testa a préféré ne faire aucun commentaire.

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