La Laurentienne veut donner un coup de barre dans les prêts hypothécaires

En date du 31 janvier, la valeur du portefeuille hypothécaire de la banque était estimée à 16,1 milliards, en recul de 1,5% comparativement au quatrième trimestre de l’exercice précédent.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir En date du 31 janvier, la valeur du portefeuille hypothécaire de la banque était estimée à 16,1 milliards, en recul de 1,5% comparativement au quatrième trimestre de l’exercice précédent.

Après le remaniement de sa haute direction entamé l’an dernier, la Banque Laurentienne peaufine toujours sa nouvelle orientation stratégique, mais elle a déjà conclu qu’un coup de barre était nécessaire dans le segment des prêts hypothécaires résidentiels.

En dévoilant ses résultats financiers pour le premier trimestre, la septième banque en importance au pays a signalé qu’elle comptait réévaluer certaines de ses façons de faire pour tenter d’inverser la tendance actuelle en matière de prêts hypothécaires. « Bien que l’industrie ait connu une croissance au cours des 12 derniers mois, nous n’en avons pas profité », a reconnu la présidente et cheffe de la direction de la Laurentienne, Rania Llewellyn, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes financiers.

En date du 31 janvier, la valeur du portefeuille hypothécaire de la banque était estimée à 16,1 milliards, en recul de 1,5 % comparativement au quatrième trimestre de l’exercice précédent. De plus, au cours de la dernière année, celui-ci est demeuré relativement stable. Interrogée par les analystes, Mme Llewellyn, en poste depuis le 30 octobre, a expliqué que la Banque souhaitait réduire les délais pour obtenir une réponse ainsi que le nombre d’étapes du processus, de manière à améliorer l’expérience de la clientèle et des courtiers.

L’annonce de la Banque est survenue au lendemain de la publication des statistiques de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec ayant relevé une baisse des ventes résidentielles dans la région métropolitaine de Montréal en février pour la première fois en six ans.

Résultats

Au premier trimestre, la Laurentienne a affiché une croissance de 39 % de son bénéfice net, à 44,8 millions. Ce résultat a été attribué à l’apport du secteur des marchés des capitaux, à la reprise de la croissance du côté des services bancaires commerciaux et à une réduction des dépenses. Pour leur part, les provisions pour mauvaises créances se sont établies à 16,8 millions, comparativement à 14,9 millions au premier trimestre l’an dernier, une hausse essentiellement attribuable aux prêts commerciaux. Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice ajusté de la Laurentienne s’est établi à 47,6 millions, ou 1,03 $ par action, en hausse de 29 % par rapport à il y a un an.

Même si l’institution financière a amorcé l’exercice du bon pied, Mme Llewellyn s’est montrée prudente en signalant que « cette année de transition » pourrait être parfois sinueuse. « Il y a beaucoup de travail à faire pour positionner la Banque. » Le contrôle des dépenses sera un thème récurrent dans le cadre de la révision stratégique en cours. La dirigeante de la Laurentienne a expliqué que la montée en flèche du télétravail dans le contexte de la pandémie de COVID-19 offrait des occasions pour évaluer l’empreinte immobilière.

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