Québec injecte 500 millions pour stimuler les exportations

Le plan fixe notamment comme objectif de diversifier les destinations des exportations qui, actuellement, sont principalement acheminées vers les États-Unis, la Chine et l’Union européenne, a précisé Pierre Fitzgibbon.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le plan fixe notamment comme objectif de diversifier les destinations des exportations qui, actuellement, sont principalement acheminées vers les États-Unis, la Chine et l’Union européenne, a précisé Pierre Fitzgibbon.

Le gouvernement Legault a présenté un plan de 500 millions de dollars sur cinq ans mercredi pour relancer les exportations. Selon le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, il serait possible d’ici à un an de combler la baisse de 8 % enregistrée au cours de la dernière année.

La moitié de l’enveloppe (250 millions) proviendra d’Investissement Québec et sera versée en avances remboursables. L’autre moitié sera fournie en subventions par le ministère de l’Économie, que ce soit en matière de ressources humaines, pour le remboursement de dépenses ou encore pour des analyses de marché. Le gouvernement veut à long terme résorber le déficit de la balance commerciale du Québec, qui était de 23 milliards en 2019, a expliqué le ministre en conférence de presse mercredi matin.

Le plan vise à augmenter de 18 milliards les exportations du Québec. Avant la pandémie, les exportations représentaient 46 % du PIB du Québec et le gouvernement ambitionne d’atteindre 50 %. « Le Québec doit rester libre-échangiste », a dit M. Fitzgibbon, dans un contexte où pourtant beaucoup de pays veulent reconstruire leur structure industrielle et manufacturière pour ne plus dépendre de fournisseurs étrangers.

« La crise sanitaire mondiale a fortement ralenti nos flux commerciaux et perturbé nos chaînes d’approvisionnement vers nos marchés principaux », a déclaré de son côté la ministre des Relations internationales, Nadine Girault, qui est responsable du réseau des délégations du Québec à l’étranger. « De nombreuses entreprises d’ici en ont souffert », a-t-elle reconnu.

États-Unis et protectionnisme

Le plan fixe notamment comme objectif de diversifier les destinations des exportations qui, actuellement, sont principalement acheminées vers les États-Unis, la Chine et l’Union européenne, a précisé M. Fitzgibbon.

Néanmoins, la première « stratégie territoriale » que lancera Mme Girault visera d’abord les États-Unis, puisqu’ils reçoivent 70 % des exportations du Québec. Elle ne s’inquiète pas trop des visées protectionnistes du nouveau président Joe Biden. « Nos neuf bureaux aux États-Unis sont capables d’influencer beaucoup. On a des contacts, des réseaux, autant chez les républicains que chez les démocrates. »

18 millions
C’est la cible de croissance visée par le gouvernement Legault avec son nouveau plan de relance des exportations.

En outre, le plan ciblera 500 grands exportateurs et PME qui s’en tirent déjà bien, afin de leur offrir un accompagnement financier « plus personnalisé », a expliqué Pierre Fitzgibbon. « On veut qu’ils performent plus, ce sont eux qui vont pouvoir faire bouger l’aiguille », a-t-il dit.

Il veut également offrir un « accompagnement renouvelé » aux grands secteurs clés, tels que le bioalimentaire, l’aluminium, l’aéronautique, le matériel de transport terrestre. Le ministre Fitzgibbon a convenu que le secteur aéronautique était particulièrement frappé par la crise actuelle et que, dans ce cas, l’embellie viendra plus tard, d’ici 18 à 24 mois.

Les principaux produits que les entrepreneurs québécois expédient à l’étranger sont les avions, l’aluminium, les pâtes et papiers, ainsi que les minerais.

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