Recul historique du PIB canadien en 2020

La chute du PIB canadien en 2020 est due à la fermeture de larges pans de l’économie lors de la première vague de la pandémie.
Photo: Jeff McIntosh Le Presse canadienne La chute du PIB canadien en 2020 est due à la fermeture de larges pans de l’économie lors de la première vague de la pandémie.

L’économie canadienne a affiché sa pire performance jamais enregistrée en 2020, alors que la pandémie de COVID-19 a balayé le pays, fermant des entreprises et mettant des gens au chômage.

Selon Statistique Canada, le produit intérieur brut (PIB) réel a reculé de 5,4 % en 2020, soit la baisse annuelle la plus marquée depuis la première fois que les données trimestrielles ont été enregistrées en 1961.

Cette diminution est due à la fermeture de larges pans de l’économie au printemps dernier lors de la première vague de la pandémie. Depuis, l’activité économique a progressé lentement et régulièrement.

Selon Statistique Canada, l’économie a évolué à un taux annualisé de 9,6 % au quatrième trimestre de l’année dernière, en baisse par rapport à un taux de croissance annualisé de 40,6 % au troisième trimestre.

C’était plus élevé que l’estimation de 7,5 % avancée par la société de données financières Refinitiv.

Pour le dernier trimestre de l’année, le PIB a connu une hausse de 2,3 %, après avoir affiché des fluctuations records aux deux trimestres précédents.

Investissements immobiliers

Cette croissance s’explique par une forte variation des stocks des entreprises ainsi que des augmentations dans les dépenses de consommation des administrations publiques, dans les investissements des entreprises en machines et matériel et dans les investissements immobiliers.

Ce dernier secteur affiche une progression de 4,3 % au quatrième trimestre, après avoir augmenté de 30,7 % au trimestre précédent. Les nouvelles constructions, les rénovations et les coûts de transfert de propriété ont été en hausse.

« De 2019 à 2020, les investissements immobiliers ont progressé de 3,9 %, tandis que la dette des ménages sur le marché hypothécaire résidentiel s’est accrue de manière considérable au cours de la même période », rapporte Statistique Canada.

Quant aux dépenses des ménages, elles ont diminué d’environ 6 % en 2020 par rapport à 2019. Les familles ont toutefois vu leur revenu disponible progresser de 10 % par rapport à 2019.

« Cette augmentation, la plus forte jamais enregistrée en près de quatre décennies, est liée aux mesures de soutien économique exceptionnelles mises en place par les administrations publiques au cours de l’année », souligne Statistique Canada.

En 2020, les Canadiens ont épargné un montant comparable à celui des sept années précédentes combinées. Le taux d’épargne se situe à 15 % pour 2020.

Reprise proche de V

Selon l’économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, l’économie a mieux résisté aux restrictions de la deuxième vague que prévu, ce qui pourrait annoncer une meilleure performance que prévu pour le trimestre, et possiblement pour l’année. « Il faut s’attendre à ce que la nouvelle croissance passe en vitesse supérieure alors que l’économie rouvrira tout au long de l’année, ce qui devrait mener à une croissance d’environ (6 %) — un joli miroir à la profonde chute de l’an dernier », a-t-il écrit dans une note. « Ce n’est pas exactement une reprise en V, mais c’en est très proche. »

L’économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, a souligné dans une note à ses clients que les chiffres préliminaires devraient amoindrir les craintes entourant une éventuelle contraction économique pour le premier trimestre. Statistique Canada a indiqué que ses estimations préliminaires pour le mois de janvier misaient sur une croissance économique de 0,5 %.

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