Additifs dans l'essence: Shell ne prévoit pas payer cent millions

La pétrolière Shell Canada soutient que le montant total du dédommagement qu'elle devra verser à ses clients dont le véhicule a été endommagé par un additif qui laissait des résidus dans les réservoirs à essence se chiffrera à bien moins de 100 millions de dollars.

L'entreprise a confirmé hier qu'elle avait réglé à l'amiable un recours collectif entrepris au nom de quelque 500 000 personnes ayant acheté son essence bronze entre mars 2001 et octobre 2002.

En vertu de cette entente ratifiée le 12 juillet dernier par la Cour supérieure, les clients lésés recevront entre 20 $ et 450 $ chacun comme dédommagement pour des inspections, nettoyages et réparation découlant de l'utilisation du carburant.

Selon le Journal de Montréal, qui a consulté l'entente, le montant moyen des réclamations devrait tourner autour de 200 $, ce qui ferait un total de quelque 100 millions.

Shell Canada conteste cependant ces conclusions. «En raison de la nature du problème et parce que nous avons mis sur pied un programme de dédommagement volontaire en 2002, nous nous attendons à ce que le nombre de clients demandant une indemnisation soit relativement faible», a expliqué la porte-parole Sonia Larin.

Les personnes qui s'estiment lésées ont 90 jours — soit jusqu'au 5 novembre — pour faire valoir leur droit.

À titre de comparaison, Mme Larin a souligné que jusqu'à maintenant, le recours collectif sur le même problème dans les autres provinces canadiennes s'était soldé par 500 demandes d'indemnisation totalisant 86 000 $.

En outre, quelque 14 000 personnes — dont 4000 Québécois — ont déjà été indemnisées en 2002. Ce programme volontaire avait coûté entre cinq et six millions à Shell, a insisté la représentante de l'entreprise.

Une entente avantageuse

D'après l'avocat qui a mené le recours collectif au Québec, Gordon Kugler, l'entente québécoise est beaucoup plus avantageuse que celles intervenues dans les autres provinces parce qu'elle prévoit le versement d'une compensation pour le seul fait d'avoir acheté de l'essence Shell durant la période visée.

Ailleurs, les clients devaient faire la preuve qu'ils avaient dû faire réparer leur automobile pour obtenir une indemnisation.

Selon M. Kugler, les Québécois qui ont acheté de l'essence bronze chez Shell pendant la période visée par le recours collectif n'auront pas à fournir de reçus, mais ils devront faire une déclaration solennelle selon laquelle ils ont acheté de l'essence chez Shell.

Les détails du règlement seront publiés dans les journaux québécois le 31 juillet et le 7 août.